Souvent, le diagnostic d’une hépatopathie dépend presque exclusivement d’une analyse histologique, comme dans le cas d’une hépatite aiguë ou chronique, d’une cholangiohépatite, d’une néoplasie ; par conséquent, le prélèvement d’une biopsie est essentiel pour obtenir un résultat diagnostique optimal.

La biopsie hépatique est par nature partielle : il ne s’agit en effet que d’une petite partie d’un organe présentant des lésions de taille et d’étendue variables, qui peuvent également être hétérogènes.

Il est donc essentiel qu’elle soit « représentative » : cela signifie qu’elle doit montrer une image morphologique qui résume correctement les changements qui affectent le parenchyme hépatique dans son ensemble. Si ce n’était pas le cas, nous aurions une interprétation histologique partielle, qui s’écarterait donc de la pathologie réelle en cours.

Plusieurs étapes doivent donc être franchies pour permettre au pathologiste d’émettre un diagnostic fiable et précis:

  • Des prélèvements multiples sont nécessaires pour augmenter la représentativité du processus pathologique : par conséquent, plus la taille de la biopsie est petite, plus le nombre de prélèvements est élevé, lesquels doivent être effectués dans différentes zones de l’organe en cas d’altérations diffuses dans l’ensemble du parenchyme.
  • Une règle fondamentale s’impose : la taille de la biopsie compte!
    Si elle est trop petite, elle ne permettra pas au pathologiste une visualisation correcte et complète de l’anatomie microscopique du foie, c’est-à-dire du lobule hépatique dans toute son architecture (figure 1).
    Plus le fragment est grand, plus le diagnostic est fiable. C’est pourquoi, par ordre de qualité, on peut dire : biopsies chirurgicales > biopsies laparoscopiques > biopsie tru-cut.

Figure 1 : Représentation schématique d’un lobule hépatique à l’hématoxyline-éosine : le lobule hépatique est une structure hexagonale formée au centre par la veine centrolobulaire et à la périphérie par les espaces portes. Le parenchyme hépatique adjacent aux espaces portes représente la zone 1, le parenchyme intermédiaire ou moyen constitue la zone 2 et le parenchyme adjacent à la veine centrolobulaire représente la zone 3. Pour pouvoir interpréter les modifications histologiques, le pathologiste doit pouvoir évaluer toutes ces structures et a donc besoin d’un fragment de biopsie suffisamment grand.

 

  • Les biopsies chirurgicales sont réalisées par laparotomie et peuvent être soit de type cunéiforme (prélèvement d’un petit coin de parenchyme d’un lobe hépatique), soit obtenues par punch-cutané.
    Cette dernière méthode, bien que plus facile à réaliser, présente l’inconvénient de ne prélever qu’une partie superficielle de l’organe. Les saignements au cours d’une biopsie chirurgicale sont généralement bien contrôlés par une inspection directe et l’utilisation éventuelle de produits hémostatiques. Le principal inconvénient de la biopsie chirurgicale est la nécessité d’une anesthésie générale et d’une expérience/technique chirurgicale minimale.
  • Les biopsies laparoscopiques permettent généralement d’obtenir des fragments de biopsie de bonne qualité de plusieurs mm de diamètre.
    Même dans ce cas, des échantillons multiples sont préférables en cas de pathologie diffuse. Le principal inconvénient est la nécessité de disposer d’un personnel et d’une instrumentation dédiés et donc d’un coût plus élevé pour la procédure.
  • Les biopsies tru-cut sont les moins invasives, mais pour être effectivement utiles, elles nécessitent une bonne pratique de la part du radiologue qui effectue l’échographie et le prélèvement, qui est généralement réalisé avec des aiguilles dédiées de 14-16 G. Il est important que les échantillons recueillent des fragments bien conservés et non fragmentés d’au moins 1 cm de long : cela est nécessaire pour permettre au pathologiste de visualiser au moins 12 à 15 espaces portaux, le nombre recommandé par l’ACVIM pour une évaluation correcte de la biopsie du foie (figures 2 et 3).
    Ce nombre d’espaces portes ne peut être atteint qu’en effectuant des prélèvements multiples (> 4). En outre, l’échantillonnage doit être effectué dans plusieurs lobes du foie en cas de pathologie diffuse.

Figure 2 : Exemples de préparations histologiques obtenues par : biopsies tru-cut, biopsies laparoscopiques et biopsies chirurgicales. Tous les échantillons sont d’excellente qualité, mais il convient de noter les différences de taille des échantillons une fois traités et disposés sur les lames.

 

  • Les biopsies doivent toujours être fixées dans du formol tamponné à 10 % ; la fixation doit être aussi rapide que possible : l’échantillon de biopsie doit être placé dans le formol en moins de 2 minutes, afin d’éviter des modifications artefactuelles au niveau cellulaire, qui pourraient compromettre une lecture histologique adéquate de l’échantillon.
  • Lors de chaque biopsie du foie, il est important de placer un petit fragment (quelques mm) dans un tube à essai vide (type eppendorf) sans formol ou autre milieu, à conserver au congélateur : au cas où le pathologiste soupçonnerait une pathologie d’accumulation de cuivre, vous aurez conservé du matériel sur lequel quantifier cet élément.
    Si vous ne l’avez pas fait, vous devrez peut-être prélever un nouvel échantillon de biopsie uniquement pour mesurer le cuivre.

Figure 3 : Exemples de biopsies tru-cuts adéquates et inadéquates. En haut, la biopsie adéquate montre un nombre suffisant d’espaces portaux (>12) pour une évaluation histopathologique diagnostique. En bas : la biopsie tru-cut n’est pas adéquate car elle est trop petite et présente 3 espaces portaux. Cela ne permettra pas au pathologiste de poser un diagnostic fiable.

Références bibliographiques:

WSAVA Standards for Clinical and Histological Diagnosis of Canine and Feline Liver Diseases, 1st Edition.

Webster et al. ACVIM consensus statement on the diagnosis and treatment of chronic hepatitis in dogs. J Vet Intern Med. 2019 May;33(3):1173-1200.

Luisa Vera Muscatello, Med. Vet. European Specialist in Veterinary Pathology (Dipl. ECVP); Università di Bologna ed Esperto Mylav in Patologia Epatica.

Walter Bertazzolo, Med. Vet. EBVS European Specialist in Veterinary Clinical Pathology (Dipl. ECVCP); Direttore Scientifico di MYLAV

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