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Syndrome de diarrhée hémorragique aiguë chez le chien (SDHA) : quelle est la meilleure approche thérapeutique ?
La Syndrome de Diarrhée Hémorragique Aiguë (SDHA) chez le chien se caractérise par l’apparition soudaine d’une diarrhée aqueuse et hémorragique, souvent accompagnée de vomissements, anorexie et léthargie.
Une caractéristique commune est une hémoconcentration extrême (augmentation notable de l’hématocrite) associée à une concentration protéique normale ou diminuée, en raison d’une importante perte de protéines d’origine entérique excédant la perte d’érythrocytes.
Le traitement standard consiste principalement en fluidothérapie, antalgiques et antiémétiques. Dans la majorité des cas, on observe une amélioration clinique rapidesans recours aux antibiotiques.
L’histologie met en évidence une entérocolite nécrosante associée à des souches de Clostridium perfringens adhérentes à la surface nécrotique. On considère que la prolifération de C. perfringenstype A, libérant la toxine NetF (éventuellement combinée à d’autres toxines), est à l’origine de la maladie.

Le SDHA présente des similarités histologiques avec la colite induite par C. difficile chez l’homme et la parvovirose chez le chien, maladies dans lesquelles le trapiant fécal (FMT) a montré une utilité clinique (par exemple une résolution plus rapide de la diarrhée et une hospitalisation plus courte dans la parvovirose).
Étude clinique
Une étude clinique prospective, randomisée et en double aveugle a été menée chez 32 chiens atteints d’AHDS, répartis en trois groupes :
- Traitement symptomatique (ST)
- Traitement par trapiant fécal (FMTT)
- Traitement antibiotique (AT)
Les auteurs ont émis l’hypothèse que le trapiant fécal pourrait conduire à une résolution plus rapide des signes cliniques dans le SDHA, en réduisant les souches toxigènes de C. perfringens et en restaurant l’intégrité de la barrière intestinale, tout en favorisant la résolution de la dysbiose.
Objectif principal de l’étude
Comparer, entre les trois groupes :
- l’évolution clinique (vitesse d’amélioration),
- les modifications des souches bactériennes potentiellement entéropathogènes,
- l’Indice de Dysbiose (DI).
L’amélioration clinique a été mesurée avec l’indice SDHA et les modifications du microbiome avec l’indice de dysbiose.
Résultats
- Aucune différence significative des scores cliniques d’amélioration (indice SDHA) entre les trois groupes au fil du temps.
- Exception au Jour 2 : le groupe Traitement antibiotique (AT) présentait un score AHDS significativement plus élevé (donc pire) que le groupe Traitement par trapiant fécal (FMTT).
- La dysbiose initiale était transitoire dans les groupes Traitement symptomatique (ST) et Traitement par trapiant fécal (FMTT).
- À l’inverse, dans le groupe Traitement antibiotique (AT), l’indice de dysbiose est resté élevé jusqu’au Jour 42.
- Les infections à Clostridium perfringens (souvent porteuses de la toxine NetF) se sont révélées auto-limitantes chez tous les chiens, quelle que soit la thérapie.
Conclusions
Chez les chiens atteints de SDHA non compliquée, ni le trapiant fécal (FMT) ni la thérapie antibiotiquen’accélèrent l’amélioration clinique par rapport au traitement symptomatique seul.
L’usage d’antibiotiques (AT) est déconseillé car non nécessaire pour traiter l’infection à C. perfringens et susceptible d’induire une dysbiose intestinale persistante à long terme (jusqu’à 42 jours) : non seulement ils n’accélèrent pas le rétablissement, mais ils sont associés à une dysbiose prolongée par rapport au traitement symptomatique ou au trapiant fécal.
Cette étude renforce l’idée que, dans la majorité des SDHA non compliquées, le traitement symptomatique de support est la stratégie thérapeutique la plus appropriée et que l’utilisation d’antibiotiques doit être évités afin de préserver le microbiome, sauf en présence de signes clairs d’infection systémique (sepsis).
Référence bibliographique
Reisinger et al. (2024) Comparing treatment effects on dogs with acute hemorrhagic diarrhea syndrome: fecal microbiota transplantation, symptomatic therapy, or antibiotic treatment. doi.org/10.2460/javma.24.03.0153
Walter Bertazzolo, DMV, EBVS® European Specialist in Veterinary Clinical Pathology (Dipl. ECVCP) ; Directeur scientifique MYLAV





