{"id":29198,"date":"2024-10-20T09:56:16","date_gmt":"2024-10-20T07:56:16","guid":{"rendered":"https:\/\/www.mylav.net\/?p=29198"},"modified":"2024-11-08T10:54:29","modified_gmt":"2024-11-08T09:54:29","slug":"les-tumeurs-melanocytaires-chez-le-chien","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.mylav.net\/fr\/oncologie\/les-tumeurs-melanocytaires-chez-le-chien\/","title":{"rendered":"Les tumeurs MELANOCYTAIRES chez le chien"},"content":{"rendered":"<p><strong>Dr Paolo Buracco et Dr Selina Iussich<\/strong><\/p>\n<p>Les tumeurs m\u00e9lanocytaires canines sont tr\u00e8s r\u00e9pandues chez les chiens. La cavit\u00e9 buccale repr\u00e9sente le site d&rsquo;apparition le plus fr\u00e9quent (soit muqueux, soit provenant de la jonction cutan\u00e9o-muqueuse de la l\u00e8vre et de la joue), suivi par la localisation cutan\u00e9e (y compris la peau avec poils, les ongles et les coussinets plantaires). Plus rarement, ces tumeurs peuvent provenir du sac anal, d&rsquo;autres jonctions cutan\u00e9o-muqueuses (p\u00e9rianale, pr\u00e9putiale ou vulvaire), de la truffe et des cavit\u00e9s nasales. Les tumeurs m\u00e9lanocytaires oculaires peuvent se pr\u00e9senter sous la forme de l\u00e9sions \u00e9pibulbaires, uv\u00e9ales ou conjonctivales. Occasionnellement, elles peuvent provenir d&rsquo;autres sites anatomiques.<\/p>\n<figure id=\"attachment_29200\" aria-describedby=\"caption-attachment-29200\" style=\"width: 1000px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-29200 size-full\" src=\"https:\/\/www.mylav.net\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/melanoma_orale_cane_mylav_2.jpg\" alt=\"Fig. 1 - Melanoma orale\" width=\"1000\" height=\"667\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-29200\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 1 &#8211; Melanoma orale<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>Caract\u00e9ristiques et d\u00e9finitions<\/em><\/p>\n<p><strong><em>M\u00e9lanocytome<br \/>\n<\/em><\/strong>&#8211; Tumeur cutan\u00e9e caract\u00e9ris\u00e9e par un comportement biologique b\u00e9nin <em>(Smedley et al 2022)<\/em><\/p>\n<p><strong><em>Tumeurs m\u00e9lanocytaires<br \/>\n<\/em><\/strong>&#8211; Les caract\u00e9ristiques histologiques seules sont insuffisantes pour d\u00e9terminer l&rsquo;agressivit\u00e9 clinique <em>(Smedley et al 2022)<br \/>\n<\/em>&#8211; Une \u00e9valuation immunohistochimique (Ki-67) est n\u00e9cessaire pour pr\u00e9dire leur comportement clinico-biologique<br \/>\n&#8211; Actuellement, des valeurs seuils valid\u00e9es n&rsquo;existent que pour les m\u00e9lanomes oraux et cutan\u00e9s.<\/p>\n<p><strong><em>M\u00e9lanome dermique ou compos\u00e9 <\/em><\/strong><em>(Smedley et al 2022)<br \/>\n<\/em>Class\u00e9 comme<br \/>\n&#8211; <em>dermique <\/em>lorsqu&rsquo;il est confin\u00e9 au derme exclusivement, ou<br \/>\n&#8211; <em>compos\u00e9 <\/em>lorsqu&rsquo;il implique \u00e0 la fois des tissus \u00e9pith\u00e9liaux et sous-\u00e9pith\u00e9liaux (ou sous-muqueux).<\/p>\n<p><strong><em>Activit\u00e9 jonctionnelle<\/em><\/strong> au niveau de l&rsquo;\u00e9pith\u00e9lium <em>(Smedley et al 2022)<br \/>\n<\/em>&#8211; <em>Acro-lentigineux : <\/em>caract\u00e9ris\u00e9 par la pr\u00e9sence de m\u00e9lanocytes dans la couche basale de l&rsquo;\u00e9pith\u00e9lium qui pr\u00e9sentent une migration tangentielle p\u00e9riph\u00e9rique.<br \/>\n&#8211; <em>Pageto\u00efde <\/em>: caract\u00e9ris\u00e9 par l&rsquo;invasion de la couche \u00e9pith\u00e9liale superficielle.<\/p>\n<p><strong><em>M\u00e9lanome malin<br \/>\n<\/em><\/strong>&#8211; Les caract\u00e9ristiques histologiques indiquent syst\u00e9matiquement la malignit\u00e9.<br \/>\n&#8211; L&rsquo;\u00e9valuation immunohistochimique du Ki-67 sert de confirmation et, en conjonction avec des \u00e9l\u00e9ments histologiques sp\u00e9cifiques, fournit des informations pronostiques.<\/p>\n<p><strong><em>M\u00e9lanome am\u00e9lanotique<br \/>\n<\/em><\/strong>&#8211; Caract\u00e9ris\u00e9 par l&rsquo;absence de pigmentation m\u00e9lanique.<br \/>\n&#8211; N\u00e9cessite une analyse immunohistochimique utilisant un panel de marqueurs m\u00e9lanocytaires pour un diagnostic d\u00e9finitif.<br \/>\n&#8211; Des r\u00e9sultats n\u00e9gatifs avec ce panel peuvent conduire \u00e0 un diagnostic final de \u00ab sarcome indiff\u00e9renci\u00e9.<\/p>\n<p><em><u>Diagnostic<\/u><\/em><\/p>\n<p>&#8211; L&rsquo;examen cytologique et\/ou histologique pr\u00e9sente des difficult\u00e9s diagnostiques pour les m\u00e9lanomes non pigment\u00e9s (am\u00e9lanotiques).<br \/>\n&#8211; La biopsie <em>incisionnelle<\/em> (\u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;un scalpel ou d&rsquo;un punch) repr\u00e9sente la proc\u00e9dure diagnostique optimale.<\/p>\n<ul>\n<li>La biopsie buccale doit inclure un \u00e9pith\u00e9lium macroscopiquement intact adjacent \u00e0 toute zone ulc\u00e9r\u00e9e afin de permettre l&rsquo;\u00e9valuation histologique de l&rsquo;activit\u00e9 jonctionnelle.<\/li>\n<li><em>La biopsie excisionnelle marginale est fortement contre-indiqu\u00e9e en l&rsquo;absence de diagnostic d\u00e9finitif.<\/em> Si la biopsie excisionnelle devient la seule option possible, elle doit int\u00e9grer une marge ad\u00e9quate de tissu macroscopiquement normal entourant la tumeur.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&#8211; Caract\u00e9ristiques cytologiques et histologiques :<\/p>\n<ul>\n<li>Les m\u00e9lanomes bien diff\u00e9renci\u00e9s peuvent pr\u00e9senter une morphologie de cellules rondes, \u00e9pith\u00e9lio\u00efdes ou fusiformes.<\/li>\n<li>L&rsquo;examen histologique r\u00e9v\u00e8le souvent des motifs cellulaires mixtes accompagn\u00e9s d&rsquo;une pigmentation m\u00e9lanique variable.<\/li>\n<li>Dans les tumeurs indiff\u00e9renci\u00e9es, les cellules peuvent pr\u00e9senter diverses caract\u00e9ristiques morphologiques (y compris des motifs en anneau de signet ou verticaux), avec un contenu en m\u00e9lanine minime ou absent (Smedley et al 2022).<\/li>\n<\/ul>\n<p>&#8211; <em>Immunohistochimie<\/em><\/p>\n<ul>\n<li>Essentielle pour le diagnostic du m\u00e9lanome am\u00e9lanotique, utilisant un panel d&rsquo;anticorps sp\u00e9cifiques (pour Melan A, PNL2, TRP-1 et TRP- 2) avec une sensibilit\u00e9 atteignant 93%.<\/li>\n<li>\u00a0La distinction avec le carcinome, dans les cas d\u00e9pourvus d&rsquo;activit\u00e9 jonctionnelle, repose sur l&rsquo;immunomarquage de la pan-cytok\u00e9ratine.<\/li>\n<li>La distinction avec le carcinome, dans les cas d\u00e9pourvus d&rsquo;activit\u00e9 jonctionnelle, repose sur l&rsquo;immunomarquage de la pan-cytok\u00e9ratine.<\/li>\n<li>La diff\u00e9renciation des sarcomes pr\u00e9sente des d\u00e9fis importants. Lorsque l&rsquo;immunohistochimie donne des r\u00e9sultats n\u00e9gatifs avec les marqueurs m\u00e9lanocytaires conventionnels, le diagnostic se r\u00e9sume souvent \u00e0 un \u00ab sarcome indiff\u00e9renci\u00e9 \u00bb.<\/li>\n<li>M\u00eame des marqueurs suppl\u00e9mentaires (tels que SOX-10) peuvent ne pas fournir de r\u00e9sultats d\u00e9finitifs (Smedley et al 2022).<\/li>\n<li>Des recherches r\u00e9centes sugg\u00e8rent que l&rsquo;analyse quantitative de l&rsquo;expression de l&rsquo;ARN de TYR, CD34 et CAL peut faciliter la diff\u00e9renciation entre les m\u00e9lanomes et les sarcomes des tissus mous (Tsoi et al 2021).<\/li>\n<\/ul>\n<p><em><u>Facteurs pronostiques<\/u><\/em><\/p>\n<p>&#8211; <em><u>Param\u00e8tres cliniques<\/u><\/em><\/p>\n<ul>\n<li><u>Pr\u00e9disposition raciale :<\/u> bien que document\u00e9e dans certaines races, elle ne constitue pas un facteur pronostique d\u00e9terminant.<\/li>\n<li><u>Sexe :<\/u> pas de valeur pronostique significative.<\/li>\n<li><u>Age\u00a0:<\/u> les chiens \u00e2g\u00e9s sont plus sensibles aux m\u00e9lanomes agressifs (Spangler et Kass 2006) et peuvent pr\u00e9senter des complications plus graves li\u00e9es au traitement.<\/li>\n<li><u>Localisation anatomique :<\/u> influence significativement le pronostic : les m\u00e9lanomes buccaux pr\u00e9sentent la plus forte agressivit\u00e9, suivis par les m\u00e9lanomes de la jonction cutan\u00e9o-muqueuse, tandis que les m\u00e9lanomes de la peau avec poils pr\u00e9sentent typiquement une plus faible agressivit\u00e9 (Smedley et al 2011, Spangler et Kass 2006 ; Laver et al 2018 ; Porcellato et al 2020).<\/li>\n<li><u>Ulc\u00e9ration :<\/u> bien que consid\u00e9r\u00e9e comme un indicateur de pronostic d\u00e9favorable dans le m\u00e9lanome cutan\u00e9 (Laprie et al 2001), elle doit \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e avec prudence car d&rsquo;autres facteurs, y compris l&rsquo;auto-traumatisme, peuvent contribuer \u00e0 son d\u00e9veloppement (Smedley et al 2022).<\/li>\n<\/ul>\n<p>L&rsquo;\u00e9valuation compl\u00e8te de l&rsquo;agressivit\u00e9 clinique d&rsquo;un m\u00e9lanome, quelle que soit sa localisation, n\u00e9cessite l&rsquo;\u00e9valuation de tous les facteurs pronostiques cliniques (localisation anatomique, aspect macroscopique et stadification clinique TNM) en conjonction avec les param\u00e8tres histologiques et immunohistochimiques (Smedley et al 2022).<\/p>\n<p><em><u>&#8211; \u00c9valuation des ganglions lymphatiques r\u00e9gionaux\/sentinelles <\/u><\/em><\/p>\n<ul>\n<li>L&rsquo;examen physique et l&rsquo;imagerie diagnostique, m\u00eame en utilisant des techniques avanc\u00e9es, peuvent ne pas d\u00e9tecter une atteinte microm\u00e9tastatique des ganglions lymphatiques.<\/li>\n<li>L&rsquo;\u00e9valuation cytologique fournit un diagnostic d\u00e9finitif lorsque des m\u00e9tastases sont identifi\u00e9es ; cependant, un r\u00e9sultat cytologique \u00ab r\u00e9actif \u00bb n&rsquo;exclut pas les microm\u00e9tastases en raison des limites potentielles de l&rsquo;\u00e9chantillonnage (Grimes et al 2017).<\/li>\n<li>La cartographie du ganglion sentinelle permet une lymphad\u00e9nectomie s\u00e9lective en m\u00eame temps que l&rsquo;excision de la tumeur primaire.<\/li>\n<li>Le(s) ganglion(s) lymphatique(s) excis\u00e9(s) fait (font) l&rsquo;objet d&rsquo;un examen histologique en m\u00eame temps que la tumeur primaire. Dans les cas o\u00f9 la cartographie du ganglion sentinelle s&rsquo;av\u00e8re irr\u00e9alisable, les ganglions lymphatiques r\u00e9gionaux sont enlev\u00e9s.<\/li>\n<li>Dans les cas am\u00e9lanotiques, la positivit\u00e9 immunocytochimique pour Melan-A (combin\u00e9e \u00e0 des r\u00e9sultats n\u00e9gatifs pour la cytok\u00e9ratine et la vimentine) peut confirmer l&rsquo;origine m\u00e9lanocytaire (Prze\u017adziecki et al 2015) mais les r\u00e9sultats peuvent \u00eatre inconstants.<\/li>\n<\/ul>\n<p><em><u>&#8211; Param\u00e8tres histologiques<\/u><\/em><\/p>\n<ul>\n<li><em><u>Atypies nucl\u00e9aires<\/u><\/em><\/li>\n<\/ul>\n<p>L&rsquo;analyse comprend l&rsquo;\u00e9valuation de 100 \u00e0 200 cellules \u00e0 un grossissement de 40X, afin d&rsquo;\u00e9valuer leur degr\u00e9 de diff\u00e9renciation.<\/p>\n<ul>\n<li><em><u>M\u00e9lanome buccal :<\/u><\/em> un seuil de 30 % de noyaux atypiques permet de distinguer les variantes typiquement agressives des variantes moins agressives (Bergin et al 2011 ; Spangler et Kass 2006 ; Silvestri et al 2018 ; Vargas et al 2019).<\/li>\n<li><em><u>M\u00e9lanome cutan\u00e9 :<\/u><\/em> un seuil de 20 % permet de diff\u00e9rencier les mod\u00e8les de comportement plus ou moins agressifs (Bergin et al 2011 ; Spangler et Kass 2006 ; Smedley et al 2011 ; Silvestri et al 2018 ; Vargas et al 2019 ; Smedley et al 2022).<\/li>\n<li><em><u>Comptage des mitoses<\/u><\/em><\/li>\n<\/ul>\n<p>La quantification consiste \u00e0 compter les mitoses dans une zone de 2,37 mm2 (\u00e9quivalent \u00e0 10 champs \u00e0 un grossissement de 40X en utilisant un FN 22 oculaire) (Laprie et al 2001 ; Esplin 2008 ; Smedley et al 2011 ; Lacroux et al 2012 ; Bongiovanni et al 2015 ; Silvestri et al 2018 ; Vargas et al 2019 ; Porcellato et al 2020 ; Prouteau et al 2020 ; Liu et al 2021 ; Porcellato et al 2021).<\/p>\n<ul>\n<li><em><u>M\u00e9lanome buccal :<\/u><\/em> l&rsquo;identification de 4 mitoses ou plus est corr\u00e9l\u00e9e \u00e0 un pronostic plus d\u00e9favorable et \u00e0 une survie r\u00e9duite (sensibilit\u00e9 de 90 % et sp\u00e9cificit\u00e9 de 84 %) (Bergin et al 2011, Camerino et al 2022).<\/li>\n<li><em><u>M\u00e9lanome cutan\u00e9 :<\/u><\/em> un nombre \u00e9gal ou sup\u00e9rieur \u00e0 3 mitoses est associ\u00e9 \u00e0 une survie r\u00e9duite (Laprie et al 2001 ; Smedley et al 2011 ; Lacroux et al 2012 ; Tsoi et al 2021 ; Silvestri et al 2018 ; Smedley et al 2022 ; Smedley et al 2022).<\/li>\n<li><em><u>M\u00e9lanome de la peau avec poils :<\/u><\/em> un seuil de 20\/HPF a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9 (Laver et al 2018).<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li><em><u>Degr\u00e9 de pigmentation<br \/>\n<\/u><\/em>La signification pronostique reste incertaine.<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li><em><u>Degr\u00e9 d&rsquo;infiltration<br \/>\n<\/u><\/em>Bien qu&rsquo;ils ne soient pas d\u00e9terminants, les sch\u00e9mas d&rsquo;infiltration peuvent indiquer le comportement de la tumeur (Roels et al 1999 ; Laprie et al 2001 ; Proulx et al 2003).<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li><em><u>M\u00e9lanome buccal :<\/u><\/em> l&rsquo;invasion osseuse (qui se produit dans 57% des cas) repr\u00e9sente un pronostic n\u00e9gatif (Liptak 2020 ; Camerino et al 2022).<\/li>\n<li><em><u>M\u00e9lanome cutan\u00e9 :<\/u><\/em> les donn\u00e9es sugg\u00e8rent une corr\u00e9lation entre une infiltration plus profonde et une agressivit\u00e9 accrue (Laprie et al 2001).<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li><em><u>Invasion vasculaire<\/u><\/em><\/li>\n<\/ul>\n<p>Lorsqu&rsquo;elle est pr\u00e9sente, l&rsquo;invasion vasculaire est typiquement associ\u00e9e \u00e0 un pronostic plus d\u00e9favorable (Smith et al 2002), bien qu&rsquo;elle doive \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un \u00e9l\u00e9ment compl\u00e9mentaire du pronostic.<\/p>\n<ul>\n<li><em><u>L&rsquo;\u00e9paisseur du m\u00e9lanome (cutan\u00e9).<\/u><\/em><\/li>\n<\/ul>\n<p>Les \u00e9tudes indiquent qu&rsquo;une \u00e9paisseur sup\u00e9rieure \u00e0 0,95 cm est corr\u00e9l\u00e9e \u00e0 une survie r\u00e9duite, tandis qu&rsquo;une \u00e9paisseur sup\u00e9rieure \u00e0 0,75 cm est associ\u00e9e \u00e0 une r\u00e9duction des intervalles sans maladie (Lacroux et al 2012 ; Silvestri et al 2018).<\/p>\n<ul>\n<li><em><u>Statut de la marge d&rsquo;excision<\/u><\/em><\/li>\n<\/ul>\n<p>Cette \u00e9valuation influence les d\u00e9cisions relatives \u00e0 la mise en \u0153uvre d&rsquo;une th\u00e9rapie adjuvante (y compris la chirurgie de r\u00e9vision, la radioth\u00e9rapie ou l&rsquo;\u00e9lectrochimioth\u00e9rapie) pour le contr\u00f4le local de la tumeur.<\/p>\n<p>&#8211;<em><u> Mol\u00e9culaire<\/u><\/em><\/p>\n<ul>\n<li>Le Ki-67 est un indice de prolif\u00e9ration qui refl\u00e8te la fraction de croissance tumorale (repr\u00e9sentant les cellules se r\u00e9pliquant dans n&rsquo;importe quelle phase du cycle mitotique, \u00e0 l&rsquo;exception de la phase quiescente). Il s&rsquo;agit du param\u00e8tre immunohistochimique le plus reproductible (avec moins de facteurs subjectifs), bien que les valeurs puissent varier d&rsquo;un laboratoire \u00e0 l&rsquo;autre. Ce marqueur est important pour le m\u00e9lanome jonctionnel oral\/muqueux et le m\u00e9lanome cutan\u00e9 (Laprie et al 2001 ; Bergin et al 2011 ; Smedley et al 2011 ; Lacroux et al 2012 ; Campagne et al 2013 ; Bongiovanni et al 2015 ; Iussich et al 2017 ; Piras et al 2017 ; Giacobino et al 2021 ; Camerino et al 2022 ; Smedley et al 2022 ; Smedley et al 2022a ; Silva et al 2024).<\/li>\n<li>M\u00e9lanome oral : en utilisant l&rsquo;anticorps sp\u00e9cifique, l&rsquo;expression est quantifi\u00e9e comme le nombre moyen de noyaux positifs dans une grille de 1 mm2, observ\u00e9e \u00e0 un grossissement de 40X dans 5 champs microscopiques, la plus grande positivit\u00e9 \u00e9tant identifi\u00e9e \u00e0 un grossissement plus faible (Bergin et al 2011 ; Smedley et al 2022).\n<ul>\n<li>Une valeur seuil de 19,5 (19,5 noyaux positifs\/zone) pr\u00e9sente une plus grande valeur pronostique que le nombre de mitoses et les atypies nucl\u00e9aires.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li>M\u00e9lanome cutan\u00e9 : la valeur indique le pourcentage de noyaux positifs parmi 500 cellules observ\u00e9es \u00e0 un grossissement de 40X, en appliquant une grille de 1 cm2.\n<ul>\n<li>Une valeur seuil de 15 % permet de diff\u00e9rencier les m\u00e9lanomes dont l&rsquo;agressivit\u00e9 clinique est plus \u00e9lev\u00e9e (&gt;15 %) ou plus faible (&lt;15 %) (Laprie et al 2001 ; Lacroux et al 2012).<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>M\u00c9LANOME ORAL CHEZ LE CHIEN (muqueuse intrabuccale et de la jonction cutan\u00e9o-muqueuse l\u00e8vre\/joue)<\/strong><\/p>\n<figure id=\"attachment_29207\" aria-describedby=\"caption-attachment-29207\" style=\"width: 1000px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-29207\" src=\"https:\/\/www.mylav.net\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/cane_melanoma_orale_cane_mylav.jpg\" alt=\"Fig. 2 - Melanoma orale\" width=\"1000\" height=\"758\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-29207\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 2 &#8211; Melanoma orale<\/figcaption><\/figure>\n<ul>\n<li>Le m\u00e9lanome buccal repr\u00e9sente la tumeur buccale canine la plus r\u00e9pandue (jusqu&rsquo;\u00e0 40 % des cas).<\/li>\n<li>Les races surrepr\u00e9sent\u00e9es, \u00e0 l&rsquo;exception des crois\u00e9s, comprennent le cocker, le caniche, le p\u00e9kinois, le setter gordon, le chow-chow, le golden retriever et le teckel <em>(Ramos-Vara et al 2000)<\/em>.<\/li>\n<li>L&rsquo;\u00e2ge moyen des chiens atteints se situe entre 10,5 et 12 ans, bien que des animaux plus jeunes ou plus \u00e2g\u00e9s puissent d\u00e9velopper l&rsquo;affection.<\/li>\n<li>La distribution anatomique comprend la muqueuse gingivale (42%), les l\u00e8vres\/joues (38%), le palais (11%), la langue (7%, principalement dans le tiers caudal) et les amygdales (1%). Les amygdales peuvent \u00e9galement \u00eatre touch\u00e9es secondairement par des m\u00e9tastases provenant de m\u00e9lanomes excis\u00e9s dans la r\u00e9gion rostrale.<\/li>\n<li>Les m\u00e9lanomes peuvent se pr\u00e9senter sous forme m\u00e9lanotique, partiellement m\u00e9lanotique ou am\u00e9lanotique (non pigment\u00e9e, dans 38 % des cas).<\/li>\n<li>Les m\u00e9lanomes buccaux se pr\u00e9sentent g\u00e9n\u00e9ralement sous la forme de l\u00e9sions sessiles (avec une large base d&rsquo;implantation), bien qu&rsquo;ils puissent \u00e9galement se pr\u00e9senter sous la forme de masses p\u00e9dicul\u00e9es (attach\u00e9es par un p\u00e9doncule de diam\u00e8tre variable, en particulier sur la l\u00e8vre\/la joue, mais aussi potentiellement sur d&rsquo;autres sites buccaux). La pr\u00e9sentation p\u00e9dicul\u00e9e n&rsquo;indique pas une moindre agressivit\u00e9 et ne doit pas justifier une excision marginale.<\/li>\n<li>Les l\u00e9sions mesurant 3 cm ou plus pr\u00e9sentent g\u00e9n\u00e9ralement une d\u00e9formation, une h\u00e9morragie, une perte de dents localis\u00e9e et une halitose (en raison de la n\u00e9crose, de l&rsquo;ulc\u00e9ration et de l&rsquo;infection locale).<\/li>\n<li>L&rsquo;affection pr\u00e9sente un comportement malin et agressif avec une croissance locale rapide ; un petit sous-ensemble de m\u00e9lanomes (oraux ou de la jonction mucocutan\u00e9e) pr\u00e9sente un comportement moins agressif <em>(Spangler et Kass 2006 ; Esplin et al 2008, Simpson et al 2014 ; Kim et al 2021 ; Smedley et al 2021 ; Di Palma et al 2021 ; Tsoi et al 2021 ; Smedley et al 2022 ; Smedley et al 2022a)<\/em> bien que cela doive \u00eatre confirm\u00e9 par l&rsquo;\u00e9valuation du Ki-67.<\/li>\n<li>Le m\u00e9lanome gingival\/palatin peut infiltrer l&rsquo;os, ce qui constitue un facteur de pronostic n\u00e9gatif <em>(Camerino et al 2022)<\/em>. En cas de croissance aborale, l&rsquo;invasion de l&rsquo;espace r\u00e9tro-orbitaire est fr\u00e9quente, ce qui limite la probabilit\u00e9 de parvenir \u00e0 des marges d&rsquo;excision non infiltr\u00e9es lors de la chirurgie.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><u>Stades cliniques<\/u><\/p>\n<p>&#8211; <u>M\u00e9tastases<\/u><\/p>\n<ul>\n<li><em>Ganglions lymphatiques r\u00e9gionaux\/sentinels<\/em><\/li>\n<li>Chez les chiens dont la muqueuse buccale est pigment\u00e9e, les ganglions lymphatiques cervicaux peuvent physiologiquement contenir des m\u00e9lanocytes, des m\u00e9lanophages ou des granules de m\u00e9lanine <em>(Herring et al 2002 ; (Smith et al 2002))<\/em>.<\/li>\n<li>Les ganglions lymphatiques mandibulaires constituent les principaux ganglions r\u00e9gionaux (en nombre variable) ; cependant, dans 50 % des cas, d&rsquo;autres ganglions peuvent \u00eatre impliqu\u00e9s (en particulier les ganglions pharyng\u00e9s m\u00e9diaux &#8211; qui repr\u00e9sentent le centre lymphatique r\u00e9gional le plus important &#8211; et, moins fr\u00e9quemment, les ganglions parotidiens). Dans les tumeurs unilat\u00e9rales, la propagation m\u00e9tastatique peut s&rsquo;\u00e9tendre aux ganglions controlat\u00e9raux (45-62% des cas) <em>(Herring et al 2002 ; Williams et Packer 2003 ; Skinner et al 2017 ; Grimes et al 2019 ; Randall et al 2020).<\/em><\/li>\n<li>Les m\u00e9tastases lymphatiques sont inversement corr\u00e9l\u00e9es \u00e0 la taille de la tumeur, improbables pour les m\u00e9lanomes de moins de 6,5 mm et plus probables pour ceux de plus de 24,5 mm <em>(Carroll et al 2020)<\/em>.<\/li>\n<li>Lors de la pr\u00e9sentation initiale, des m\u00e9tastases ganglionnaires sont d\u00e9tect\u00e9es dans 54 % des cas (<em>Giacobino et al 2021, Camerino et al 2022<\/em>), bien que ce pourcentage puisse varier en fonction de la proc\u00e9dure de lymphad\u00e9nectomie effectu\u00e9e ; apr\u00e8s le traitement, l&rsquo;implication lymphatique globale peut atteindre 74 %.<\/li>\n<li>L&rsquo;\u00e9valuation cytologique des ganglions lymphatiques peut donner des r\u00e9sultats faussement n\u00e9gatifs en cas d&rsquo;atteinte m\u00e9tastatique minime <em>(Grimes et al 2017)<\/em>.<\/li>\n<li>Pour l&rsquo;identification du ganglion lymphatique sentinelle, la tomodensitom\u00e9trie standard avec contraste, avec ou sans lymphangiographie, peut donner des r\u00e9sultats peu concluants <em>(Skinner al 2018 ; Grimes et al 2020)<\/em>; toutefois, des \u00e9tudes r\u00e9centes ont fait \u00e9tat de r\u00e9sultats am\u00e9lior\u00e9s, bien que non d\u00e9finitifs <em>(Randall et al 2020 ; Goldschmidt et al 2023 ; Menghini et al 2023)<\/em>. Les autres modalit\u00e9s diagnostiques comprennent la lymphoscintigraphie <em>(Randall et al 2020)<\/em> et la TEP\/TDM utilisant le 18fluorine-fluorod\u00e9oxyglucose (18F-FDG), cette derni\u00e8re d\u00e9montrant une sensibilit\u00e9 de 100 % et une sp\u00e9cificit\u00e9 de 83 % pour la d\u00e9tection des ganglions lymphatiques m\u00e9tastatiques<em> (Willcox et al 2021<\/em>).<\/li>\n<li>L&rsquo;excision du ganglion sentinel\/r\u00e9gional sert principalement \u00e0 \u00e9tablir le param\u00e8tre N dans le syst\u00e8me de classification TNM ; actuellement, la valeur th\u00e9rapeutique de cette proc\u00e9dure reste ind\u00e9termin\u00e9e.<\/li>\n<li>La litt\u00e9rature actuelle manque de consensus concernant les proc\u00e9dures optimales de lymphad\u00e9nectomie (<em>Wainberg et al 2018 ; Congiusta et al 2020)<\/em>. Lorsque la cartographie du ganglion lymphatique sentinel s&rsquo;av\u00e8re irr\u00e9alisable ou donne des r\u00e9sultats non concluants, les options de lymphad\u00e9nectomie (r\u00e9alis\u00e9es en m\u00eame temps que l&rsquo;excision de la tumeur primaire) comprennent :\n<ul>\n<li>excision des ganglions lymphatiques mandibulaires et r\u00e9tropharyngiens m\u00e9diaux ipsilat\u00e9raux <em>(Piras et al 2017 ; Giacobino et al 2021 ; Camerino et al 2022, Riccardo et al 2022)<\/em><\/li>\n<li>excision des ganglions lymphatiques mandibulaires, r\u00e9tropharyngiens m\u00e9diaux et parotidiens ipsilat\u00e9raux <em>(Odenweller et al 2019 ; Raleigh et al 2021)<\/em><\/li>\n<li>excision bilat\u00e9rale des ganglions lymphatiques mandibulaires et r\u00e9tropharyngiens m\u00e9diaux <em>(Green et Boston 2017, Piras et al 2017 ; Giacobino et al 2021 ; Camerino et al 2022 ; Riccardo et al 2022)<\/em>. Compte tenu de la nature occasionnelle de l&rsquo;atteinte des ganglions parotidiens, cette approche peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme raisonnable. Apr\u00e8s l&rsquo;excision du ganglion bilat\u00e9ral, un \u0153d\u00e8me facial de dur\u00e9e variable peut appara\u00eetre.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Poumons et autres sites<\/em><\/p>\n<ul>\n<li>Cumulativement (avant et apr\u00e8s le traitement), une atteinte pulmonaire et d&rsquo;autres organes (y compris le foie, les glandes surr\u00e9nales, le c\u0153ur, les reins, le cerveau et d&rsquo;autres tissus) peut survenir dans 92 % des cas <em>(Liptak 2020).<\/em><\/li>\n<li>Les m\u00e9lanomes mucocutan\u00e9es de la r\u00e9gion des l\u00e8vres et des joues ou ceux de la langue semblent pr\u00e9senter un comportement moins agressif (taux de m\u00e9tastases de 29 \u00e0 45 %).<\/li>\n<li>La mortalit\u00e9 li\u00e9e \u00e0 la maladie r\u00e9sulte principalement de la r\u00e9cidive et\/ou de la progression de la maladie (m\u00e9tastases lymphatiques et\/ou \u00e0 distance) <em>(Giacobino et al 2021, Camerino et al 2022)<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<p><u>Classification clinique modifi\u00e9e (TNM) <\/u>des tumeurs buccales canines et f\u00e9lines (Owen 1980 ; Bergman et al. 2020) <em>(muqueuse buccale, arcades dentaires &#8211; sup\u00e9rieures et inf\u00e9rieures, palais dur, langue &#8211; 2\/3 rostral, plancher buccal)<\/em><\/p>\n<p><em>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-<\/em><\/p>\n<p>T <u>Tumeur primaire<br \/>\n<\/u>Tis : tumeur pr\u00e9invasive (<em>in situ<\/em>)<br \/>\nT1 : tumeur de moins de 2 cm de diam\u00e8tre, a : sans invasion osseuse ; b : avec invasion osseuse<br \/>\nT2 : tumeur de 2 \u00e0 4 cm de diam\u00e8tre, a : sans invasion osseuse ; b : avec invasion osseuse<br \/>\nT3 : tumeur de plus de 4 cm de diam\u00e8tre, a : sans invasion osseuse ; b : avec invasion osseuse<\/p>\n<p>N : <u>ganglions lymphatiques r\u00e9gionaux<br \/>\n<\/u>N0 aucun signe d&rsquo;atteinte<br \/>\nN1 preuves cytologiques\/histologiques de m\u00e9tastases (pr\u00e9ciser si elles sont ipsilat\u00e9rales ou bilat\u00e9rales)<br \/>\nN2 ganglions lymphatiques m\u00e9tastatiques fixes (pr\u00e9ciser s&rsquo;ils sont ipsilat\u00e9raux ou bilat\u00e9raux)<\/p>\n<p>M : <u>M\u00e9tastases<\/u> \u00e0 distance<br \/>\nM0 aucun signe de m\u00e9tastase \u00e0 distance<br \/>\nM1 : signes de m\u00e9tastases \u00e0 distance<\/p>\n<p><u>Stades cliniques<br \/>\n<\/u>Stade I T1 N0 M0<br \/>\nStade II T2 N0 M0<br \/>\nStade III T2 N1 M0 T3 N0 M0<br \/>\nStade IV Tout T Tout N M1<\/p>\n<p><em>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><u>Traitement<\/u><\/p>\n<ul>\n<li>L&rsquo;intervention th\u00e9rapeutique comprend une excision chirurgicale agressive de la tumeur primaire visant \u00e0 obtenir un contr\u00f4le local complet, associ\u00e9e \u00e0 une lymphad\u00e9nectomie r\u00e9gionale\/sentinelle (Culp et al 2013 ; Boston et al 2014 ; Tuohy et al 2014 ; Piras et al 2017 ; Giacobino et al 2021 ; Raleigh et al 2021 ; Camerino et al 2022 ; Riccardo et al 2022).\n<ul>\n<li>L&rsquo;excision en bloc doit incorporer le tissu osseux adjacent dans la marge pr\u00e9vue de tissu sain, ind\u00e9pendamment de l&rsquo;atteinte osseuse apparente.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li>La chimioth\u00e9rapie adjuvante au carboplatine n&rsquo;a pas d\u00e9montr\u00e9 de b\u00e9n\u00e9fices statistiquement significatifs en termes de survie (Rassnick et al 2001 ; Boria et al 2004 ; Dank et al 2014).<\/li>\n<li>L&rsquo;immunoth\u00e9rapie adjuvante, lorsqu&rsquo;elle est associ\u00e9e \u00e0 une chirurgie agressive, a permis d&rsquo;am\u00e9liorer les r\u00e9sultats en termes de survie (Bergman et al 2003 et 2006 ; Grosenbaugh et al 2011 ; McLean et Lobetti 2015 ; Piras et al 2017 ; Giacobino et al 2021 ; Camerino et al 2022 ; Riccardo et al 2022).<\/li>\n<li>Les applications de la radioth\u00e9rapie comprennent la th\u00e9rapie adjuvante (Proulx et al 2003 ; Boston et al 2014 ; Kawabe et al 2015 ; Baja et al 2022) et le traitement palliatif (en monoth\u00e9rapie dans les cas inop\u00e9rables), avec ou sans chimioth\u00e9rapie concomitante (Freeman et al 2003 ; Murphy et al 2005 ; Kawabe et al 2015 ; Cancedda et al 2016 ; Noguchi et al 2022) ou l&rsquo;immunoth\u00e9rapie (Turek et al 2020). L&rsquo;efficacit\u00e9 du traitement diminue en cas de lyse osseuse.<\/li>\n<li>L&rsquo;\u00e9lectrochimioth\u00e9rapie montre une efficacit\u00e9 r\u00e9duite dans les cas de lyse osseuse <em>(Tellado et al 2020 ; Moretti et al 2022)<\/em>; elle peut \u00eatre int\u00e9gr\u00e9e \u00e0 la d\u00e9sobstruction chirurgicale et\/ou \u00e0 la th\u00e9rapie g\u00e9nique <em>(Milevoj et al 2019 ; Nemec et al 2020)<\/em>.<\/li>\n<li>Palliatif\n<ul>\n<li><em>Approches chimioth\u00e9rapeutiques <\/em>incorporant des compos\u00e9s de platine avec ou sans th\u00e9rapie m\u00e9tronomique\n<ul>\n<li>La th\u00e9rapie m\u00e9tronomique sert \u00e0 la fois d&rsquo;intervention palliative <em>(Moretti et al 2022)<\/em> et de traitement d&rsquo;entretien empirique.<\/li>\n<li>L&rsquo;association du cisplatine <em>(Boria et al 2004)<\/em> ou du carboplatine <em>(Brockley et al 2013)<\/em> avec le piroxicam, et du carboplatine avec le cyclophosphamide ou le chlorambucil <em>(Xia et al 2024)<\/em> peut apporter un b\u00e9n\u00e9fice clinique dans les situations palliatives.<\/li>\n<li>Les inhibiteurs de tyrosine kinase (ITK) doivent faire l&rsquo;objet d&rsquo;\u00e9tudes plus approfondies <em>(Wouda et al 2018)<\/em>. Les avantages cliniques peuvent d\u00e9couler de l&rsquo;inhibition des r\u00e9cepteurs autres que IKT, ce qui pourrait entra\u00eener des m\u00e9canismes antiangiog\u00e9niques <em>(Smedley et al 2021)<\/em>. La monoth\u00e9rapie n&rsquo;a pas d\u00e9montr\u00e9 d&rsquo;efficacit\u00e9 clinique substantielle <em>(Giuliano et Dobson 2020)<\/em>.<\/li>\n<li>Une approche th\u00e9rapeutique sugg\u00e9r\u00e9e comprend l&rsquo;administration de lup\u00e9ol <em>(Yokoe et al 2015)<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><em>Radioth\u00e9rapie<\/em>.<\/li>\n<li><em>L&rsquo;\u00e9lectrochimioth\u00e9rapie<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p><u>R\u00e9sultats<\/u><\/p>\n<ul>\n<li>Intervention chirurgicale ant\u00e9rieure incompl\u00e8te (marges positives) : les interventions r\u00e9alis\u00e9es plus d&rsquo;un mois auparavant peuvent influencer les r\u00e9sultats <em><u>(Giacobino et al 2021)<\/u><\/em>; la disponibilit\u00e9 des photographies de la l\u00e9sion originale facilite la planification d&rsquo;une r\u00e9vision chirurgicale plus pr\u00e9coce.<\/li>\n<li>Intervention chirurgicale seule\n<ul>\n<li>Stades II-III : dur\u00e9e m\u00e9diane de survie (DMS) de 352 jours (taux de survie \u00e0 un an de 29%) <em>(Boston et al 2014) <\/em>ou<\/li>\n<li>DMS post-chirurgicale stratifi\u00e9e par stade : 17-18 mois (stade I), 5-6 mois (stade II), et 3 mois (stade III) <em>(Thuoy et al 2014)<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li>Chirurgie combin\u00e9e et vaccination contre la tyrosinase humaine x\u00e9nog\u00e9nique\n<ul>\n<li>Dans une cohorte de 111 chiens atteints de m\u00e9lanomes de stade I-III, la DMS n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 atteinte contre 324 jours chez les sujets non vaccin\u00e9s <em>(Bergman et al 2003 ; Grosenbaugh et al 2011 ; McLean et Lobetti 2015)<\/em>. Certaines \u00e9tudes rapportent des r\u00e9sultats contradictoires <em>(Ottnod et al 2013 ; Treggiari et al 2016, Verganti et al 2017 ; MacKenzie 2022)<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li>Chirurgie avec vaccination adjuvante anti-CSPG4 humaine dans les m\u00e9lanomes de stade II et III\n<ul>\n<li>Les taux de survie \u00e0 6, 12, 18 et 24 mois \u00e9taient respectivement de 95,6 %, 73,9 %, 47,8 % et 30,4 % (DMS : 684 jours). Des r\u00e9sultats comparables ont \u00e9t\u00e9 obtenus en utilisant le plasmide chim\u00e9rique humain\/canin (CSPG4-HuDo) <em>(Piras et al 2017 ; Giacobino et al 2021 ; Camerino et al 2022 ; Riccardo et al 2022)<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li>Radioth\u00e9rapie hypofractionn\u00e9e : La stadification clinique est en corr\u00e9lation avec l&rsquo;intervalle sans progression et la survie ; les protocoles peuvent int\u00e9grer une th\u00e9rapie m\u00e9tronomique <em>(Freeman et al 2003 ; Proulx et al 2003 ; Murphy et al 2005 ; Boston et al 2014 ; Kawabe et al 2015 ; Baja et al 2022 ; Cancedda et al 2016 ; Noguchi et al 2022)<\/em> ou une immunoth\u00e9rapie <em>(Turek et al 2020)<\/em>.\n<ul>\n<li>L&rsquo;analyse de 111 m\u00e9lanomes irradi\u00e9s avec ou sans th\u00e9rapies adjuvantes a montr\u00e9 une DMS sp\u00e9cifique au stade : 758 jours (stade I), 278 jours (stade II), 163 jours (stade III), et 80 jours (stade IV), avec des diff\u00e9rences significatives entre les stades I et IV ; des effets ind\u00e9sirables s\u00e9v\u00e8res sont survenus dans 9 cas <em>(Kawabe et al 2015)<\/em>.<\/li>\n<li>Dans une s\u00e9rie de 101 m\u00e9lanomes oraux irradi\u00e9s, l&rsquo;intervalle m\u00e9dian sans progression et la DMS \u00e9taient respectivement de 171 et 232 jours <em>(Baja et al 2022)<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li>\u00c9lectrochimioth\u00e9rapie palliative en monoth\u00e9rapie (67 chiens) <em>(Tellado et al 2020).<\/em>\n<ul>\n<li>Les taux de r\u00e9ponse locale varient selon le stade : 100 % (stade I), 89,5 % (stade II), 57,7 % (stade III) et 36,4 % (stade IV). Le b\u00e9n\u00e9fice clinique, qui se manifeste par une am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 de vie associ\u00e9e \u00e0 une r\u00e9ponse partielle ou compl\u00e8te, a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 exclusivement dans les stades I \u00e0 III de la maladie.<\/li>\n<li>La dur\u00e9e m\u00e9diane de progression a vari\u00e9 en fonction du stade : 11 mois (stade I), 7 mois (stade II) et 4 mois (stade III\/IV), avec des TMS correspondants de 16,5 mois (stade I), 9 mois (stade II), 7,5 mois (stade III) et 4,5 mois (stade IV) ; des r\u00e9sultats sup\u00e9rieurs ont \u00e9t\u00e9 obtenus dans les cas sans invasion osseuse.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>M\u00c9LANOME CUTAN\u00c9 CANIN<\/strong><\/p>\n<p><strong>M\u00e9lanome de la peau du poil (y compris l&rsquo;espace interdigital)<\/strong><\/p>\n<figure id=\"attachment_29214\" aria-describedby=\"caption-attachment-29214\" style=\"width: 1000px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-29214\" src=\"https:\/\/www.mylav.net\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/melanoma_cutaneo_cane_mylav.jpg\" alt=\"Fig. 3 - Melanoma cutaneo\" width=\"1000\" height=\"760\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-29214\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 3 &#8211; Melanoma cutaneo<\/figcaption><\/figure>\n<ul>\n<li>Le m\u00e9lanocytome repr\u00e9sente 3 \u00e0 4 % des n\u00e9oplasmes cutan\u00e9s canins, tandis que les variantes malignes repr\u00e9sentent 1 \u00e0 2 % des cas.<\/li>\n<li>Les races \u00e0 pelage fonc\u00e9 sont pr\u00e9dispos\u00e9es \u00e0 cette affection, dont l&rsquo;\u00e2ge moyen d&rsquo;apparition est sup\u00e9rieur \u00e0 7-8 ans.<\/li>\n<li>Le m\u00e9lanocytome se pr\u00e9sente g\u00e9n\u00e9ralement sous la forme d&rsquo;une l\u00e9sion solitaire bien circonscrite, pigment\u00e9e, alop\u00e9cique, mesurant moins de 1 cm de diam\u00e8tre ; des l\u00e9sions multiples peuvent \u00eatre observ\u00e9es dans certaines races (Setter irlandais et Doberman).<\/li>\n<li>Le m\u00e9lanome malin pr\u00e9sente une pigmentation variable, une ulc\u00e9ration potentielle et une croissance infiltrante dans les tissus adjacents, d\u00e9passant g\u00e9n\u00e9ralement 2,5 cm de diam\u00e8tre. L&rsquo;analyse immunohistochimique s&rsquo;av\u00e8re essentielle pour identifier les variantes am\u00e9lanotiques.<\/li>\n<li>Dans une \u00e9tude de cohorte portant sur 87 chiens, une diss\u00e9mination m\u00e9tastatique \u00e0 partir de m\u00e9lanomes cutan\u00e9s de la peau avec poils lors de la pr\u00e9sentation initiale a \u00e9t\u00e9 document\u00e9e dans 5 des 42 cas \u00e9valu\u00e9s (11,9 %) impliquant des ganglions lymphatiques r\u00e9gionaux, et dans 3 des 82 cas examin\u00e9s (3,7 %) avec une atteinte pulmonaire <em>(Laver et al 2018).<\/em><\/li>\n<li>Le comportement biologique apparemment moins agressif du m\u00e9lanome cutan\u00e9 n\u00e9cessite une validation par une \u00e9valuation compl\u00e8te des indicateurs pronostiques histologiques et immunohistochimiques, en conjonction avec la pr\u00e9sentation clinique.<\/li>\n<li>L&rsquo;intervention th\u00e9rapeutique comprend une excision chirurgicale large (assurant des marges p\u00e9riph\u00e9riques et profondes ad\u00e9quates) combin\u00e9e \u00e0 une lymphad\u00e9nectomie (l&rsquo;exigence minimale est une excision ganglionnaire r\u00e9gionale).<\/li>\n<\/ul>\n<p><u>R\u00e9sultats <\/u><em>(Laver et al 2018)<\/em><\/p>\n<ul>\n<li>Dans cette \u00e9tude de cohorte portant sur 87 chiens : 29 sujets sont rest\u00e9s en vie \u00e0 la fin de l&rsquo;\u00e9tude ; 20 sujets ont \u00e9t\u00e9 perdus de vue mais n&rsquo;ont pr\u00e9sent\u00e9 aucun signe de r\u00e9cidive ou de m\u00e9tastase lors de la derni\u00e8re \u00e9valuation.<\/li>\n<li>Dur\u00e9e m\u00e9diane de survie globale (DMS) pour l&rsquo;ensemble de la cohorte (n=87) : 1363 jours (intervalle : 27-3246).<\/li>\n<li>Les indicateurs pronostiques n\u00e9gatifs sont les suivants\n<ul>\n<li>\u00c2ge sup\u00e9rieur \u00e0 9,4 ans<\/li>\n<li>Nombre de mitoses : les valeurs sup\u00e9rieures \u00e0 20\/10 HPF sont corr\u00e9l\u00e9es de mani\u00e8re significative avec une diminution de la survie, tandis que les valeurs sup\u00e9rieures \u00e0 17\/10 HPF sont associ\u00e9es \u00e0 une r\u00e9duction de l&rsquo;intervalle sans maladie. Ces r\u00e9sultats contrastent avec la valeur seuil conventionnelle de 3 pr\u00e9c\u00e9demment \u00e9tablie pour cet histotype, comme l&rsquo;ont \u00e9galement not\u00e9 <em>Schultheiss et al (2006)<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li>Dur\u00e9e m\u00e9diane de survie globale sans maladie (n=87) : 1282 jours (intervalle : 27-3246).<\/li>\n<li>Taux de r\u00e9cidive document\u00e9 : 8 % (7\/87 cas).<\/li>\n<li>Taux de m\u00e9tastases post-chirurgicales : 21,8 % (19\/87 cas), avec une atteinte des ganglions lymphatiques r\u00e9gionaux dans 4,6 % (4\/87 cas).<\/li>\n<li>L&rsquo;intervention chirurgicale seule semble suffisante dans la majorit\u00e9 des cas ; notamment, m\u00eame dans les cas pr\u00e9sentant un nombre de mitoses sup\u00e9rieur \u00e0 20\/HPF, la DMS et l&rsquo;intervalle m\u00e9dian sans maladie ont d\u00e9montr\u00e9 une dur\u00e9e suffisante pour justifier de ne pas proc\u00e9der \u00e0 une th\u00e9rapie adjuvante.<\/li>\n<li>Une maladie progressive, se manifestant par des m\u00e9lanomes cutan\u00e9s suppl\u00e9mentaires dans des sites anatomiques distincts, s&rsquo;est produite dans 5 cas.<\/li>\n<li>Analyse des r\u00e9sultats sp\u00e9cifiques aux sites anatomiques :\n<ul>\n<li>M\u00e9lanomes cutan\u00e9s \u00e0 poils digitaux (n=16) : DMS de 1363 jours (intervalle : 107-1484) avec un intervalle m\u00e9dian sans maladie de 797 jours (intervalle : 87-1484).<\/li>\n<li>Sites cutan\u00e9s \u00e0 poils non digitaux : DMS de 1584 jours (intervalle : 27-3246) avec un intervalle m\u00e9dian sans maladie de 1282 jours (intervalle : 27-3246).<\/li>\n<li>L&rsquo;absence de diff\u00e9rences statistiquement significatives entre ces localisations contredit les affirmations pr\u00e9c\u00e9dentes concernant la variation pronostique entre les m\u00e9lanomes de la peau \u00e0 poils digitaux et non digitaux (Marino et al 1995 ; Spangler et Kass 2006 ; <em>Schultheiss et al 2006 ; Laver et al 2018).<\/em><\/li>\n<li><\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>M\u00e9lanome digital\/ungu\u00e9al (ongle)<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Le m\u00e9lanome digital\/ungu\u00e9al (ongle) est la deuxi\u00e8me tumeur la plus fr\u00e9quente dans cette r\u00e9gion, apr\u00e8s le carcinome \u00e9pidermo\u00efde. Une pr\u00e9disposition est rapport\u00e9e chez les Scottish Terriers.<\/li>\n<li>Le m\u00e9lanome est plus souvent observ\u00e9 chez les chiens \u00e0 poil fonc\u00e9, mais pas exclusivement.<\/li>\n<li>Les chiens atteints sont g\u00e9n\u00e9ralement \u00e2g\u00e9s de plus de 10 ans, avec une pr\u00e9disposition suspect\u00e9e chez les femelles <em>(Wobeser et al 2007)<\/em>.<\/li>\n<li>Avant la chirurgie, il est essentiel de proc\u00e9der \u00e0 une stadification clinique compl\u00e8te, y compris des radiographies de la r\u00e9gion digitale afin de d\u00e9tecter ou d&rsquo;exclure toute \u00e9rosion phalangienne, qui pourrait avoir un impact n\u00e9gatif sur le pronostic si elle \u00e9tait pr\u00e9sente.<\/li>\n<li>Des m\u00e9tastases aux ganglions lymphatiques r\u00e9gionaux et\/ou \u00e0 des sites distants se produisent dans 30 \u00e0 40 % des cas et, apr\u00e8s traitement, des m\u00e9tastases peuvent se d\u00e9velopper chez 10 \u00e0 26 % des chiens suppl\u00e9mentaires <em>(Marino et al 1995 ; Henry et al 2005)<\/em>.<\/li>\n<li>Le traitement recommand\u00e9 consiste en une amputation compl\u00e8te du doigt (au moins au niveau de l&rsquo;articulation m\u00e9tacarpienne\/m\u00e9tatarsienne-phalangienne) ainsi qu&rsquo;en une lymphad\u00e9nectomie r\u00e9gionale ou sentinelle (si une cartographie a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e).<\/li>\n<\/ul>\n<p><u>R\u00e9sultats<\/u><\/p>\n<ul>\n<li>Apr\u00e8s une intervention chirurgicale seule, les taux de survie \u00e0 1 et 2 ans sont respectivement de 42-57% et de 13-36%, avec une DMS d&rsquo;environ un an <em>(Marino et al 1995 ; Wobseser et al 2007 ; Aronshon et Carpenter 1990 ; Henry et al 2005 ; Schultheiss 2006)<\/em>.<\/li>\n<li>Le pronostic ne semble pas \u00eatre influenc\u00e9 de mani\u00e8re significative par la chimioth\u00e9rapie ou l&rsquo;immunoth\u00e9rapie adjuvante. Les taux de survie des chiens ayant re\u00e7u ces traitements ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s \u00e0 63% (\u00e0 1 an) et 32% (\u00e0 2 ans), avec une DMS de 476 jours (<em>Manley et al., 2011 ; Brockely et al., 2013).<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>M\u00e9lanome du coussinet plantaire <\/strong><em>(Jeon et al 2022)<\/em><\/p>\n<ul>\n<li>Il affecte principalement les chiens \u00e2g\u00e9s, d&rsquo;un \u00e2ge m\u00e9dian de 10,5 ans (de 5,2 \u00e0 15 ans), et est plus fr\u00e9quent chez les grandes races d&rsquo;un poids m\u00e9dian de 31,7 kg (de 7 \u00e0 42 kg). Les races touch\u00e9es comprennent les labradors, les schnauzers de toutes tailles, les \u00e9pagneuls, les Flat-Coated Retrievers, les bouledogues fran\u00e7ais, les Norwich Terriers, les rottweilers et les crois\u00e9s.<\/li>\n<li>Le coussinet principal du pied est le plus souvent touch\u00e9, avec une ulc\u00e9ration dans 65 % des cas.<\/li>\n<li>Avant la chirurgie, il est essentiel de proc\u00e9der \u00e0 une stadification clinique compl\u00e8te, ainsi qu&rsquo;\u00e0 des radiographies des doigts afin de d\u00e9tecter ou d&rsquo;exclure toute \u00e9rosion des phalanges, qui pourrait avoir un impact n\u00e9gatif sur le pronostic.<\/li>\n<li>Des m\u00e9tastases ganglionnaires r\u00e9gionales ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9es chez 20 % des chiens, mais aucune m\u00e9tastase \u00e0 distance n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9e.<\/li>\n<li>Le nombre moyen de mitoses \u00e9tait de 10 pour 10 champs de forte puissance (de 1 \u00e0 48).<\/li>\n<\/ul>\n<p><u>Traitement<\/u><\/p>\n<ul>\n<li>Le traitement consiste g\u00e9n\u00e9ralement en une excision <em>en bloc<\/em>, si possible, ou en une amputation du membre, ainsi qu&rsquo;en une lymphad\u00e9nectomie r\u00e9gionale ou sentinelle (si une cartographie a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e).<\/li>\n<\/ul>\n<p><u>R\u00e9sultats <\/u><em>(Jeon et al 2022)<\/em><\/p>\n<ul>\n<li>Dans une s\u00e9rie de cas portant sur 20 chiens, les marges d&rsquo;excision n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 infiltr\u00e9es dans sept cas, et dans quatre autres cas apr\u00e8s une reprise chirurgicale.<\/li>\n<li>Divers traitements adjuvants ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s, notamment la chimioth\u00e9rapie traditionnelle, les inhibiteurs de la tyrosine kinase, la vaccination et la radioth\u00e9rapie.<\/li>\n<li>Dix chiens n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 pris en compte pour l&rsquo;\u00e9valuation de la p\u00e9riode sans maladie (4 vivants sans preuve de r\u00e9cidive\/m\u00e9tastase, 3 perdus de vue et 3 morts). La dur\u00e9e m\u00e9diane du suivi \u00e9tait de 328 jours (de 155 \u00e0 118 jours).<\/li>\n<li>Huit chiens n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 pris en compte pour l&rsquo;\u00e9valuation de la survie (5 chiens encore en vie et 3 perdus de vue) ; la dur\u00e9e m\u00e9diane du suivi \u00e9tait de 557 jours (155-690).<\/li>\n<li>Dix chiens (50 %) ont connu une progression de la maladie, y compris une r\u00e9cidive ou des m\u00e9tastases aux ganglions lymphatiques ou \u00e0 des sites distants.<\/li>\n<li>La DMS global \u00e9tait de 240 jours (intervalle 25-479 jours), La DMS sp\u00e9cifique au m\u00e9lanome \u00e9tant de 203 jours (intervalle 23-387 jours). Pour les chiens recevant un traitement adjuvant, La DMS \u00e9tait de 159 jours (intervalle 25-387 jours).<\/li>\n<li>En raison du nombre limit\u00e9 de cas et de la vari\u00e9t\u00e9 des traitements effectu\u00e9s, la seule conclusion possible est que le m\u00e9lanome du coussinet plantaire peut \u00eatre agressif. Une stadification clinique compl\u00e8te suivie d&rsquo;une chirurgie agressive, comprenant une excision large de la tumeur primaire et une lymphad\u00e9nectomie r\u00e9gionale ou sentinelle, est recommand\u00e9e. Des traitements adjuvants doivent \u00eatre envisag\u00e9s en fonction de l&rsquo;histologie et des facteurs pronostiques cliniques et de laboratoire.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>MELANOMES DE SITES MOINS FR\u00c9QUENTS <\/strong>(donn\u00e9es limit\u00e9es dans la litt\u00e9rature)<\/p>\n<p><strong>M\u00e9lanome des jonctions mucocutan\u00e9es<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Ce type de m\u00e9lanome est probablement malin et une stadification compl\u00e8te est n\u00e9cessaire.<\/li>\n<li>Les facteurs pronostiques du m\u00e9lanome des jonctions buccales et mucocutan\u00e9es de la l\u00e8vre et de la joue doivent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme un guide potentiel.<\/li>\n<li>Le traitement comprend l&rsquo;excision en bloc de la tumeur primaire ainsi qu&rsquo;une lymphad\u00e9nectomie r\u00e9gionale ou sentinelle (apr\u00e8s cartographie) et une th\u00e9rapie adjuvante pour les m\u00e9lanomes agressifs, similaires \u00e0 ceux d&rsquo;origine buccale ou jonctionnelle.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>M\u00e9lanome anal\/p\u00e9rianal\/anorectal<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>L&rsquo;origine de la tumeur n&rsquo;est pas toujours \u00e9vidente, mais on soup\u00e7onne qu&rsquo;elle provient du sac anal <em>(Kim et al 2005 ; Clarke et Rissi 2018)<\/em>.<\/li>\n<li>Une stadification clinique compl\u00e8te et une cartographie des ganglions lymphatiques sont conseill\u00e9es.<\/li>\n<li>Le traitement comprend l&rsquo;excision en bloc et la lymphad\u00e9nectomie, avec ou sans radioth\u00e9rapie.<\/li>\n<li>Une \u00e9lectrochimioth\u00e9rapie palliative a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9e <em>(Spugnini et al 2007)<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>M\u00e9lanome du sac anal<\/strong> <em>(Vinayak et al 2017)<\/em><\/p>\n<ul>\n<li>Dans une s\u00e9rie de cas portant sur onze chiens, la chirurgie a \u00e9t\u00e9 pratiqu\u00e9e sur huit d&rsquo;entre eux, dont trois ont \u00e9galement re\u00e7u une vaccination adjuvante, et un a re\u00e7u une chimioth\u00e9rapie adjuvante. Une chimioth\u00e9rapie seule a \u00e9t\u00e9 administr\u00e9e \u00e0 un chien, et deux chiens ont re\u00e7u une palliation symptomatique.<\/li>\n<li>La DMS \u00e9tait de 107 jours, et dix chiens ont \u00e9t\u00e9 euthanasi\u00e9s en raison d&rsquo;une progression locale ou \u00e0 distance. Un seul chien a surv\u00e9cu un an apr\u00e8s le diagnostic, ce qui refl\u00e8te \u00e9galement l&rsquo;exp\u00e9rience globale des auteurs.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>M\u00e9lanome endonasal<\/strong> <em>(Davies et al 2017)<\/em><\/p>\n<ul>\n<li>Une s\u00e9rie de cas impliquant trois chiens a rapport\u00e9 l&rsquo;utilisation de la radioth\u00e9rapie palliative.<\/li>\n<li>Une r\u00e9mission compl\u00e8te a \u00e9t\u00e9 obtenue pendant cinq mois chez un chien (qui est ensuite mort de causes non li\u00e9es) et pendant sept mois chez un autre (qui a \u00e9t\u00e9 euthanasi\u00e9 13 mois apr\u00e8s le diagnostic en raison de crises d&rsquo;\u00e9pilepsie). Le troisi\u00e8me chien a pr\u00e9sent\u00e9 une maladie stable pendant quatre mois, avec des signes cliniques contr\u00f4l\u00e9s pendant dix mois avant d&rsquo;\u00eatre perdu de vue un an apr\u00e8s le diagnostic.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>M\u00e9lanome de la truffe<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Il s&rsquo;agit d&rsquo;un cas rare. Son comportement clinique doit \u00eatre pr\u00e9dit en \u00e9valuant tous les facteurs cliniques, histologiques et immunohistochimiques.<\/li>\n<li>Une stadification compl\u00e8te et une excision <em>en bloc<\/em>, ainsi qu&rsquo;une lymphad\u00e9nectomie r\u00e9gionale ou sentinelle (apr\u00e8s cartographie), sont recommand\u00e9es.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>M\u00e9lanome oculaire\/p\u00e9riorbitaire <\/strong>(Miller et Teixeira 2020)<\/p>\n<p><em><u>Conjonctival<\/u><\/em><\/p>\n<ul>\n<li>Cela peut se produire chez les chiens pr\u00e9sentant une conjonctive palp\u00e9brale pigment\u00e9e, y compris la troisi\u00e8me paupi\u00e8re.<\/li>\n<li>Il peut y avoir une pr\u00e9disposition chez les chiens \u00e2g\u00e9s (\u00e2ge moyen 11 ans), les femelles et les races moyennes \u00e0 grandes, en particulier les Weimaraners et peut-\u00eatre les bergers allemands.<\/li>\n<li>La malignit\u00e9 locale est la principale pr\u00e9occupation, la r\u00e9cidive et les m\u00e9tastases aux ganglions lymphatiques r\u00e9gionaux \u00e9tant plus fr\u00e9quentes que la propagation syst\u00e9mique. Les facteurs pronostiques restent flous.<\/li>\n<\/ul>\n<p><em><u>\u00c9pibulbaire<\/u><\/em><\/p>\n<ul>\n<li>Cette forme touche principalement les chiens \u00e2g\u00e9s de 5 \u00e0 6 ans, en particulier les femelles, avec des pr\u00e9dispositions possibles chez les bergers allemands, les labradors et les golden retrievers.<\/li>\n<li>Elle est localis\u00e9e dorsalement et g\u00e9n\u00e9ralement de bas grade.<\/li>\n<li>Une excision partielle peut entra\u00eener une r\u00e9cidive.<\/li>\n<\/ul>\n<p><em><u>Uv\u00e9al<\/u><\/em><\/p>\n<p><em>Chambre ant\u00e9rieure<\/em><\/p>\n<ul>\n<li>Le m\u00e9lanome uv\u00e9al touche les chiens de plus de 7 ans, 95 % des cas se produisant dans l&rsquo;iris ou les corps ciliaires.<\/li>\n<li>Il est b\u00e9nin\/de bas grade dans 75 % des cas, g\u00e9n\u00e9ralement diagnostiqu\u00e9 apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9nucl\u00e9ation.<\/li>\n<li>Une surveillance p\u00e9riodique est recommand\u00e9e pour \u00e9valuer la progression de la maladie et envisager un traitement suppl\u00e9mentaire si n\u00e9cessaire.<\/li>\n<li>Le taux de m\u00e9tastases apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9nucl\u00e9ation varie de 4 % \u00e0 25 %.<\/li>\n<\/ul>\n<p><em>Choro\u00efde<\/em><\/p>\n<ul>\n<li>Le m\u00e9lanome choro\u00efdien est plus fr\u00e9quent chez les chiens \u00e2g\u00e9s de 6 \u00e0 7 ans, en particulier les races de moyenne \u00e0 grande taille.<\/li>\n<li>Il est g\u00e9n\u00e9ralement b\u00e9nin\/de bas grade mais peut envahir l&rsquo;orbite, ce qui rend le pronostic plus incertain. Il peut envahir l&rsquo;orbite, dans ce cas le pronostic est plus incertain.<\/li>\n<\/ul>\n<div class=\"riferimenti\">\n<p><strong>References<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Aronsohn MG and Carpenter JL. Distal extremity melanocytic nevi and malignant melanoma in dogs, <em>J Am Anim Hosp Assoc <\/em>26:605\u2013 612, 1990.<\/li>\n<li>Baja AJ, Kelsey KL, Ruslander DM, Gieger TL, Nolan MW. A retrospective study of 101 dogs with oral melanoma treated with a weekly or biweekly 6 Gy \u00d7 6 radiotherapy protocol. <em>Vet Comp Oncol<\/em> 20(3):623-631, 2022.<\/li>\n<li>Bergin IL, Smedley RC, Esplin DG, Spangler WL, Kiupel M. Prognostic Evaluation of Ki67 Threshold Value in Canine Oral Melanoma. <em>Vet Pathol<\/em> 48:41\u201353, 2011.<\/li>\n<li>Bergman PJ, McKnight J, Novosad A, Charney S, Farrelly J, Craft D, Wulderk M, Jeffers Y, Sadelain M, Hohenhaus AE, Segal N, Gregor P, Engelhorn M, Riviere I, Houghton AN, Wollhok JD. 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