{"id":26169,"date":"2024-02-18T16:47:31","date_gmt":"2024-02-18T15:47:31","guid":{"rendered":"https:\/\/www.mylav.net\/?p=26169"},"modified":"2024-09-11T11:49:28","modified_gmt":"2024-09-11T09:49:28","slug":"toxoplasmose-pour-dissiper-les-faux-mythes-il-faut-bien-la-connaitre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.mylav.net\/fr\/maladies-infectieuses\/toxoplasmose-pour-dissiper-les-faux-mythes-il-faut-bien-la-connaitre\/","title":{"rendered":"TOXOPLASMOSE : POUR DISSIPER LES FAUX MYTHES, IL FAUT BIEN LA CONNA\u00ceTRE"},"content":{"rendered":"<p>Combien de fois avons-nous entendu \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision ou dans divers autres m\u00e9dias, des experts autoproclam\u00e9s pontifier sur la toxoplasmose, commettant souvent des erreurs biologiques et m\u00e9dicales embarrassantes, d\u00e9signant les chiens et les chats comme de dangereuses sources d&rsquo;infection pour l&rsquo;homme.<\/p>\n<p>Avec cet article, pr\u00e9par\u00e9 avec la collaboration de <strong>Luigi Venco<\/strong> (Sp\u00e9cialiste du Coll\u00e8ge Europ\u00e9en de Parasitologie V\u00e9t\u00e9rinaire) et d&rsquo;un m\u00e9decin humain expert en zoonoses, le <strong>Dr Francesca Tamarozzi<\/strong>, nous fournissons un document complet sur cette maladie infectieuse, dont nous entendons si souvent parler, souvent de mani\u00e8re inappropri\u00e9e.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/blog_TOXOPLASMOSE.jpg\" alt=\"Toxoplasmose\" width=\"900\" height=\"901\" class=\"aligncenter size-full wp-image-26170\" \/><\/p>\n<p>Nous, v\u00e9t\u00e9rinaires, si nous voulons \u00eatre les porte-parole de la v\u00e9ritable connaissance scientifique de la toxoplasmose, devons en avoir une connaissance approfondie d&rsquo;un point de vue biologique, m\u00e9dical et zoologique, et c&rsquo;est l&rsquo;objet de cet article, qui peut \u00eatre une aide pr\u00e9cieuse lorsqu&rsquo;un propri\u00e9taire nous pose des questions br\u00fblantes sur le sujet.<\/p>\n<h3>Le Parasite<\/h3>\n<p><strong>Cycle biologique et mode d&rsquo;infection<\/strong><\/p>\n<p>Toxoplasma gondii est un protozoaire endocellulaire \u00e0 distribution ubiquitaire, responsable chez les animaux \u00e0 sang chaud, y compris l&rsquo;homme, de la toxoplasmose, l&rsquo;une des zoonoses les plus importantes, en raison d&rsquo;importants probl\u00e8mes de sant\u00e9 publique, en particulier chez les femmes enceintes et les sujets immunod\u00e9prim\u00e9s.<\/p>\n<p>Le cycle biologique de T. gondii implique diverses esp\u00e8ces animales \u00e0 sang chaud et comporte une phase intestinale exclusivement chez l&rsquo;h\u00f4te d\u00e9finitif (chats et autres f\u00e9lid\u00e9s), et une phase extra-intestinale, tant chez l&rsquo;h\u00f4te d\u00e9finitif que chez les h\u00f4tes interm\u00e9diaires (tous les animaux \u00e0 sang chaud, y compris les humains). Il existe 3 stades biologiques du parasite, et ils sont tous infectieux.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Sporozo\u00eftes<\/strong> : pr\u00e9sents au sein d\u2019oocystes sporul\u00e9s (diam\u00e8tre d&rsquo;environ 10-12 \u03bcm) dans l\u2019environnement ext\u00e9rieur apr\u00e8s excr\u00e9tion avec les f\u00e8ces du chat et responsables de l&rsquo;infection contract\u00e9e horizontalement par l&rsquo;eau ou les aliments contamin\u00e9s.<\/li>\n<li><strong>Tachyzo\u00eftes<\/strong> : stade biologique en forme de croissant mesurant 2-4 x 4-8 \u03bcm, qui se multiplie rapidement chez les h\u00f4tes interm\u00e9diaires pendant la phase aigu\u00eb de l&rsquo;infection \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des vacuoles endocellulaires dans une multiplicit\u00e9 de cellules h\u00f4tes, envahissant divers organes et tissus. Les tachyzo\u00eftes provoquent des infections transplacentaires et, dans certains cas, des infections horizontales.<\/li>\n<li><strong>Bradyzo\u00eftes<\/strong> : morphologiquement similaires aux tachyzo\u00eftes mais plus petits, ils se r\u00e9pliquent lentement dans des kystes tissulaires (kystes terminaux) d&rsquo;environ 30 \u00e0 100 \u03bcm de diam\u00e8tre, pr\u00e9sents dans les h\u00f4tes interm\u00e9diaires pendant la phase chronique de l&rsquo;infection.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les bradyzo\u00eftes, qui assurent la survie du parasite dans l&rsquo;h\u00f4te interm\u00e9diaire, sont une source importante d&rsquo;infection horizontale par l&rsquo;ingestion de viande <a href=\"#ref1\">[1]<\/a>.<\/p>\n<p>La phase intestinale de T. gondii est similaire \u00e0 celle d&rsquo;autres coccid\u00e9s et, comme nous l&rsquo;avons d\u00e9j\u00e0 soulign\u00e9, <strong>ne se produit que chez les chats<\/strong> et les f\u00e9lid\u00e9s (pas chez les chiens ou d&rsquo;autres carnivores).<\/p>\n<p>Le chat s&rsquo;infecte en ing\u00e9rant des oocystes matures (sporul\u00e9s) pr\u00e9sents dans l&rsquo;environnement ou des tachyzo\u00eftes et des bradyzo\u00eftes contenus dans les organes et les tissus d&rsquo;animaux infect\u00e9s, par exemple de petits rongeurs, plus rarement des oiseaux, et en se nourrissant de viande crue contenant des kystes ou de viande insuffisamment cuite donn\u00e9e par le propri\u00e9taire.<br \/>\nLes oocystes sporul\u00e9s ou les kystes terminaux lib\u00e8rent des sporozo\u00eftes ou des bradyzo\u00eftes, qui envahissent les ent\u00e9rocytes de l&rsquo;intestin gr\u00eale. Chaque sporozo\u00efte p\u00e9n\u00e8tre dans un ent\u00e9rocyte, initiant la phase (asexu\u00e9e) du cycle qui implique la formation d&rsquo;un schizonte \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur duquel se forment de nombreux m\u00e9rozo\u00eftes.<\/p>\n<p>La croissance du schizonte conduit \u00e0 la lyse de la cellule intestinale avec lib\u00e9ration de m\u00e9rozo\u00eftes qui envahissent d&rsquo;autres cellules. Apr\u00e8s la succession de diff\u00e9rentes phases asexu\u00e9es, certains m\u00e9rozo\u00eftes se diff\u00e9rencient en microgam\u00e8tes et macrogam\u00e8tes qui fusionnent (phase sexuelle) en formant un zygote \u00e0 l&rsquo;origine de l&rsquo;oocyste qui, immature et non infectieux, est \u00e9limin\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur avec les f\u00e8ces.<\/p>\n<p>Dans des conditions environnementales appropri\u00e9es, l&rsquo;oocyste devient infectieux dans un laps de temps variable, mais jamais inf\u00e9rieur \u00e0 24 heures, avec la formation \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de 2 sporocystes contenant chacun 4 sporozo\u00eftes. La dur\u00e9e de la sporulation de l&rsquo;oocyste est principalement influenc\u00e9e par la temp\u00e9rature. L&rsquo;oocyste devient infectieux en 2 \u00e0 3 jours \u00e0 24 \u00b0C, alors qu&rsquo;\u00e0 11 \u00b0C, il faut 2 \u00e0 3 semaines. La maturation ne se produit pas en dessous de 4 \u00b0C et au-dessus de 37 \u00b0C <a href=\"#ref1\">[1]<\/a>.<\/p>\n<p>Une fois la p\u00e9riode pr\u00e9patente pass\u00e9e (3 \u00e0 45 jours selon le mode d&rsquo;infection), le chat \u00e9limine les oocystes pendant une p\u00e9riode tr\u00e8s limit\u00e9e, pas plus de 2 semaines et une seule fois dans sa vie. Il est tr\u00e8s rare qu&rsquo;un chat ayant vaincu la toxoplasmose \u00e9limine \u00e0 nouveau des oocystes du parasite.<\/p>\n<p>On a observ\u00e9 que cela se produisait, dans des conditions exp\u00e9rimentales, apr\u00e8s une r\u00e9infection par des g\u00e9notypes de T. gondii (g\u00e9notypes sud-am\u00e9ricains) diff\u00e9rents de ceux impliqu\u00e9s dans la premi\u00e8re infection ou suite \u00e0 une r\u00e9activation de la premi\u00e8re infection chez des chats s\u00e9v\u00e8rement immunod\u00e9prim\u00e9s <a href=\"#ref2\">[2, 3]<\/a>, mais la fr\u00e9quence avec laquelle cela se produit r\u00e9ellement dans la nature n&rsquo;est pas connue.<\/p>\n<p>La dur\u00e9e de la p\u00e9riode d&rsquo;\u00e9radication des oocystes est \u00e9galement li\u00e9e au mode d&rsquo;infection ; elle est plus longue si le chat est infect\u00e9 par l&rsquo;ingestion d&rsquo;oocystes matures (environ 2 semaines) et tend \u00e0 diminuer lorsque l&rsquo;infection se produit par l&rsquo;ingestion de tachyzo\u00eftes ou de bradyzo\u00eftes lors de la consommation de viande (3 \u00e0 10 jours) <a href=\"#ref4\">[4, 5]<\/a>.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 la courte p\u00e9riode d&rsquo;\u00e9limination, la quantit\u00e9 d&rsquo;oocystes \u00e9mis avec les f\u00e8ces peut atteindre des valeurs de plusieurs millions par jour, entra\u00eenant une forte pollution de l&rsquo;environnement. Les oocystes infectieux sont tr\u00e8s r\u00e9sistants et peuvent rester viables pendant <strong>plus d&rsquo;un an<\/strong>, m\u00eame dans des conditions climatiques et environnementales d\u00e9favorables, et r\u00e9sistent \u00e0 l&rsquo;action des d\u00e9sinfectants les plus courants (iode, chlore ou peroxyde d&rsquo;hydrog\u00e8ne).<\/p>\n<p>Dans la phase extra-intestinale du cycle biologique, qui se produit chez tout animal \u00e0 sang chaud, les \u00e9l\u00e9ments infectieux sont ing\u00e9r\u00e9s par l&rsquo;h\u00f4te r\u00e9ceptif et, apr\u00e8s avoir travers\u00e9 la barri\u00e8re intestinale, se propagent \u00e0 tous les organes et tissus. Dans la phase aigu\u00eb de l&rsquo;infection, T. gondii provoque la formation de pseudo-kystes dans les cellules parenchymateuses et les cellules du syst\u00e8me r\u00e9ticulo-endoth\u00e9lial, remplis de tachyzo\u00eftes qui se multiplient rapidement.<\/p>\n<p>L&rsquo;ingestion de tachyzo\u00eftes excr\u00e9t\u00e9s avec les s\u00e9cr\u00e9tions (par exemple le lait) et excr\u00e9t\u00e9s pendant la phase aigu\u00eb est le mode d&rsquo;infection le moins fr\u00e9quent parce qu&rsquo;ils sont tr\u00e8s labiles, peuvent difficilement passer la barri\u00e8re gastrique et, \u00e9tant rapidement d\u00e9truits d\u00e8s 50 \u00b0C, ne r\u00e9sistent pas \u00e0 la pasteurisation.<\/p>\n<p>Chez les individus dont le syst\u00e8me immunitaire est comp\u00e9tent, la phase aigu\u00eb dure environ 10 \u00e0 14 jours, puis se transforme en phase chronique avec la formation de bradyzo\u00eftes qui se multiplient tr\u00e8s lentement dans des kystes terminaux situ\u00e9s principalement dans les muscles, les yeux et le syst\u00e8me nerveux central <a href=\"#ref1\">[1]<\/a>.<\/p>\n<h3>La Maladie<\/h3>\n<p><strong>Tableau clinique<\/strong><\/p>\n<p>Les chats et les chiens sont g\u00e9n\u00e9ralement infect\u00e9s par l&rsquo;ingestion de tissus provenant d&rsquo;h\u00f4tes interm\u00e9diaires, en particulier les rongeurs et les oiseaux, qui h\u00e9bergent des kystes terminaux avec des bradyzo\u00eftes dans le tissu musculaire avec de la viande insuffisamment cuite ou crue (par exemple avec les r\u00e9gimes BARF).<\/p>\n<p><strong>Chez les chats<\/strong>, la parasitose est souvent asymptomatique, comme c&rsquo;est presque toujours le cas avec les r\u00e9servoirs naturels de parasites, et les formes cliniques chez les individus immunocomp\u00e9tents sont tr\u00e8s rares.<\/p>\n<p>La gravit\u00e9 des signes cliniques, lorsqu&rsquo;ils sont pr\u00e9sents, d\u00e9pend du degr\u00e9 et de la localisation du parasite, du mode d&rsquo;infection, de la r\u00e9ponse immunitaire et des g\u00e9notypes de T. gondii impliqu\u00e9s, qui ont un potentiel pathog\u00e8ne variable et des affinit\u00e9s diff\u00e9rentes pour des tissus sp\u00e9cifiques <a href=\"#ref6\">[6]<\/a>.<\/p>\n<p>Les tr\u00e8s jeunes sujets ou les animaux immunod\u00e9prim\u00e9s peuvent pr\u00e9senter une diarrh\u00e9e pendant la phase intestinale en raison de la diss\u00e9mination du parasite, tandis que pendant la phase extra-intestinale aigu\u00eb, des tableaux cliniques graves caus\u00e9s par la r\u00e9plication du parasite dans le foie, les poumons, les nerfs et, typiquement, le pancr\u00e9as peuvent parfois \u00eatre observ\u00e9s <a href=\"#ref6\">[6,7]<\/a>.<\/p>\n<p>Les signes cliniques comprennent la fi\u00e8vre, la d\u00e9pression, l&rsquo;anorexie, la dyspn\u00e9e, l&rsquo;uv\u00e9ite et la chorior\u00e9tinite. La forme aigu\u00eb est g\u00e9n\u00e9ralement cliniquement pertinente chez les chats adultes s\u00e9v\u00e8rement immunod\u00e9prim\u00e9s (sujets sous traitement prolong\u00e9 \u00e0 la ciclosporine, avec des infections concomitantes au FIV, FeLV, PIF) et peut survenir \u00e0 la suite d&rsquo;une premi\u00e8re infection ou, beaucoup plus rarement, de la r\u00e9activation d&rsquo;une infection chronique <a href=\"#ref6\">[6-8]<\/a>.<\/p>\n<p>La phase chronique de l&rsquo;infection est g\u00e9n\u00e9ralement asymptomatique, bien que des associations avec uv\u00e9ite, fi\u00e8vre, hyperesth\u00e9sie, myocardite avec arythmie, perte de poids, anorexie, convulsions et ataxie aient \u00e9t\u00e9 d\u00e9crites <a href=\"#ref6\">[6, 9]<\/a>.<\/p>\n<p>L&rsquo;infection transplacentaire chez les chattes peut entra\u00eener la mort du f\u0153tus et l&rsquo;avortement, la naissance de chatons mort-n\u00e9s ou de chatons pr\u00e9sentant des signes neurologiques graves. Dans ce cas, il est possible que les chatons \u00e9liminent les oocystes d\u00e8s la naissance <a href=\"#ref1\">[2]<\/a>.<br \/>\nLes chatons infect\u00e9s verticalement peuvent na\u00eetre morts ou mourir avant le sevrage \u00e0 la suite d&rsquo;une atteinte du syst\u00e8me nerveux central et\/ou d&rsquo;une maladie pulmonaire ou h\u00e9patique <a href=\"#ref6\">[6]<\/a>.<\/p>\n<p><strong>Chez les chiens<\/strong> (qui, rappelons-le, n&rsquo;\u00e9liminent pas les oocystes avec leurs f\u00e8ces), des tableaux cliniques \u00e9vidents sont observ\u00e9s principalement chez les animaux de moins d&rsquo;un an ou en pr\u00e9sence de maladies concomitantes telles que la maladie de Carr\u00e9 <a href=\"#ref5\">[5]<\/a>.<\/p>\n<p>Dans la phase aigu\u00eb, le parasite se propage \u00e0 l&rsquo;ensemble du corps, se localisant dans divers organes, en particulier les poumons, le foie, le syst\u00e8me nerveux central et le tissu musculaire, et les sympt\u00f4mes varient en fonction de la localisation du parasite. En g\u00e9n\u00e9ral, le tableau clinique est neurologique et se caract\u00e9rise par la pr\u00e9sence de tremblements, d&rsquo;ataxie, de convulsions, de par\u00e9sie et de paralysie. Les signes oculaires tels que la r\u00e9tinite, l&rsquo;uv\u00e9ite et la n\u00e9vrite optique, respiratoires (dyspn\u00e9e et toux), h\u00e9patiques ou musculaires (myosite et myalgie) sont moins fr\u00e9quents <a href=\"#ref5\">[5]<\/a>.<br \/>\nLa transmission verticale de la toxoplasmose a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite chez les chiens, bien que rarement, comme une cause d&rsquo;avortement ou de d\u00e9c\u00e8s des chiots <a href=\"#ref5\">[5]<\/a>. <\/p>\n<h3>Diagnostic<\/h3>\n<p>Il est impossible, tant chez le chat que chez le chien, de poser un diagnostic de certitude de toxoplasmose sur la base des tableaux cliniques, des analyses h\u00e9mato-biochimiques et de l&rsquo;imagerie. Bien qu&rsquo;asymptomatique chez la grande majorit\u00e9 des animaux, la toxoplasmose peut \u00eatre envisag\u00e9e dans le diagnostic diff\u00e9rentiel en pr\u00e9sence d&rsquo;un tableau clinique compatible, en particulier chez les jeunes animaux.<\/p>\n<p>Les r\u00e9sultats h\u00e9mato-biochimiques sont toujours non sp\u00e9cifiques, incoh\u00e9rents et variables. Chez les chats comme chez les chiens, on observe une an\u00e9mie non r\u00e9g\u00e9n\u00e9rative, une leucocytose, une lymphocytose, une monocytose, une \u00e9osinophilie, une neutrop\u00e9nie, une hypoprot\u00e9in\u00e9mie, une hypoalbumin\u00e9mie et, en cas d&rsquo;atteinte h\u00e9patique, une augmentation des concentrations sanguines de bilirubine, d&rsquo;ALT et d&rsquo;AST <a href=\"#ref5\">[5, 6]<\/a>.<\/p>\n<p>Chez les chats atteints d&rsquo;une atteinte du SNC, il est possible de d\u00e9tecter des augmentations non sp\u00e9cifiques de la concentration en prot\u00e9ines dans le LCR avec une augmentation du nombre de cellules et un tableau inflammatoire dans lequel les cellules mononucl\u00e9\u00e9es pr\u00e9dominent. Il est tr\u00e8s rare de d\u00e9tecter des agents \u00e9tiologiques lors de l&rsquo;examen du LCR, que ce soit par cytologie ou par des m\u00e9thodes plus sensibles telles que la PCR.<\/p>\n<p>La radiographie des chats et des chiens dyspn\u00e9iques se traduit par des alt\u00e9rations significatives du parenchyme pulmonaire avec des formes alv\u00e9olaires et\/ou interstitielles diffuses et est en corr\u00e9lation avec l&rsquo;\u00e9tendue des l\u00e9sions tissulaires <a href=\"#ref5\">[5]<\/a>. Un \u00e9panchement pleural a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 rarement d\u00e9crit chez le chat <a href=\"#ref8\">[8]<\/a>.<br \/>\nChez les deux esp\u00e8ces, l&rsquo;\u00e9chographie abdominale peut r\u00e9v\u00e9ler une lymphad\u00e9nom\u00e9galie et des images compatibles avec une pancr\u00e9atite et\/ou une h\u00e9patite <a href=\"#ref5\">[5, 6]<\/a>.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9valuation de la pr\u00e9sence d&rsquo;oocystes chez les chats implique l&rsquo;examen des f\u00e8ces par flottation avec une solution de sulfate de zinc satur\u00e9e ou une solution de Sheather, mais donne rarement des r\u00e9sultats positifs. Le chat excr\u00e8te des oocystes pendant 2 semaines au maximum, qui sont extr\u00eamement petits (10-12 \u03bcm de diam\u00e8tre) et difficiles \u00e0 visualiser au microscope optique. Ils doivent \u00eatre diff\u00e9renci\u00e9s des oocystes d&rsquo;autres protozoaires susceptibles de parasiter le chat, tels que Hammondia hammondi, dont les oocystes sont tr\u00e8s similaires.<\/p>\n<p>Les oocystes, en revanche, peuvent \u00eatre identifi\u00e9s avec certitude par PCR et, en outre, l&rsquo;ADN du parasite peut \u00e9galement \u00eatre recherch\u00e9 dans d&rsquo;autres \u00e9chantillons biologiques tels que le liquide c\u00e9phalorachidien, le LBA, l&rsquo;humeur aqueuse, afin de mettre en \u00e9vidence la pr\u00e9sence du pathog\u00e8ne avec une grande sp\u00e9cificit\u00e9 dans les tissus suppos\u00e9s impliqu\u00e9s dans l&rsquo;infection et de confirmer ainsi un diagnostic de toxoplasmose cliniquement manifeste <a href=\"#ref6\">[6, 10]<\/a>.<\/p>\n<p>La cytologie et l&rsquo;histologie permettent d&rsquo;identifier les bradyzo\u00eftes et les tachyzo\u00eftes dans les tissus, le liquide c\u00e9phalorachidien, l&rsquo;humeur aqueuse, les \u00e9panchements thoraciques et abdominaux et le LBA des chiens et des chats, mais la sensibilit\u00e9 de ces techniques est faible <a href=\"#ref6\">[6]<\/a>.<\/p>\n<figure id=\"attachment_26181\" aria-describedby=\"caption-attachment-26181\" style=\"width: 900px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.mylav.net\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/blog_TOXOPLASMOSE02.jpg\" alt=\"Examen cytologique du foie d&#039;un chat atteint d&#039;une h\u00e9patite caus\u00e9e par Toxoplasma : les fl\u00e8ches indiquent trois micro-organismes en forme de demi-lune\/banane.\" width=\"900\" height=\"540\" class=\"size-full wp-image-26181\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-26181\" class=\"wp-caption-text\">Examen cytologique du foie d&rsquo;un chat atteint d&rsquo;une h\u00e9patite caus\u00e9e par Toxoplasma : les fl\u00e8ches indiquent trois micro-organismes en forme de demi-lune\/banane.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Les tests s\u00e9rologiques permettent la d\u00e9tection des IgM et IgG par ELISA ou IFAT <a href=\"#ref6\">[6]<\/a>.<\/p>\n<p>La d\u00e9tection et l&rsquo;identification des classes d&rsquo;anticorps permettent d&rsquo;\u00e9valuer si et quand l&rsquo;infection s&rsquo;est produite. Chez le chien comme chez le chat, les r\u00e9sultats obtenus ne sont pas faciles \u00e0 interpr\u00e9ter d&rsquo;un point de vue clinique mais peuvent donner des indications sur l&rsquo;\u00e9limination des oocystes par les chats (tableau 1).<\/p>\n<p>Chez les chats, des tests s\u00e9rologiques peuvent \u00e9galement \u00eatre r\u00e9alis\u00e9s avant l&rsquo;instauration d&rsquo;un traitement \u00e0 long terme \u00e0 la ciclosporine (pour estimer le risque de r\u00e9activation de la toxoplasmose chronique) et pour \u00e9valuer le statut parasitologique en pr\u00e9sence d&rsquo;une femme enceinte s\u00e9ron\u00e9gative.<\/p>\n<p>Chez le chat, dans le diagnostic clinique de l&rsquo;infection, la s\u00e9rologie ne permet pas de poser un diagnostic de certitude tant dans la phase intestinale du cycle que dans la phase extra-intestinale car la pr\u00e9sence d&rsquo;IgM et d&rsquo;IgG n&rsquo;est pas toujours corr\u00e9l\u00e9e \u00e0 la pr\u00e9sence de sympt\u00f4mes <a href=\"#ref6\">[6]<\/a>.<br \/>\nD&rsquo;un point de vue pratique chez le chat, le diagnostic de pr\u00e9somption de toxoplasmose ne doit \u00eatre pos\u00e9 qu&rsquo;en cas de pr\u00e9sence simultan\u00e9e :<\/p>\n<ul>\n<li>d&rsquo;un titre d&rsquo;anticorps IgM \u2265 1:64 ou un titre d&rsquo;IgG au moins 4 fois plus \u00e9lev\u00e9 3 semaines apr\u00e8s le premier titrage<\/li>\n<li>de titres s\u00e9rologiques g\u00e9n\u00e9ralement tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s<\/li>\n<li>des signes cliniques compatibles avec l\u2019infection, apr\u00e8s exclusion des autres causes compatibles<\/li>\n<li>d\u2019une r\u00e9ponse efficace au traitement.<\/li>\n<\/ul>\n<p>En cas de signes neurologiques, oculaires ou respiratoires, la PCR du LCR, de l&rsquo;humeur aqueuse ou du LBA peut \u00e9galement \u00eatre associ\u00e9e. L&rsquo;application des techniques s\u00e9rologiques chez les chiens est similaire. En g\u00e9n\u00e9ral, des valeurs \u00e9lev\u00e9es d&rsquo;IgG et\/ou une s\u00e9roconversion sont des param\u00e8tres \u00e0 prendre en compte dans une suspicion clinique, \u00e0 corroborer par une recherche de l&rsquo;agent \u00e9tiologique.<\/p>\n<h3>Th\u00e9rapie<\/h3>\n<p>Les m\u00e9dicaments efficaces en th\u00e9rapie sont capables d&rsquo;interrompre la multiplication de T. gondii mais ne sont pas compl\u00e8tement efficaces pour \u00e9liminer le protozoaire.<\/p>\n<p>La clindamycine (12-12,5 mg\/kg per os sid) ou la combinaison trim\u00e9thoprime-sulfonamide (15 mg\/kg per os sid) sont les m\u00e9dicaments de premier choix.  Comme les chats pr\u00e9sentent g\u00e9n\u00e9ralement une am\u00e9lioration clinique quelques jours apr\u00e8s le d\u00e9but du traitement, la r\u00e9ponse doit toujours \u00eatre \u00e9valu\u00e9e une semaine apr\u00e8s le d\u00e9but du traitement.<\/p>\n<p>Si la r\u00e9ponse clinique est tangible, le traitement doit \u00eatre prolong\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 4 semaines, tandis que si aucune am\u00e9lioration n&rsquo;est observ\u00e9e, la mol\u00e9cule doit \u00eatre chang\u00e9e <a href=\"#ref6\">[6]<\/a>.<br \/>\nLa dose de clindamycine peut \u00eatre augment\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 40 mg\/kg en 2-4 doses per os pendant 4-6 semaines. En pr\u00e9sence d&rsquo;une uv\u00e9ite, l&rsquo;administration topique de corticost\u00e9ro\u00efdes (collyres) peut \u00eatre associ\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 la r\u00e9solution du tableau clinique. <\/p>\n<p><em>Tableau 1. Corr\u00e9lation entre les titres d&rsquo;anticorps et l&rsquo;\u00e9limination des oocystes chez les chats<\/em><\/p>\n<table>\n<tr>\n<th><strong>S\u00e9rologie<\/strong><\/th>\n<th><strong>Capacit\u00e9 infectieuse (\u00e9limination des oocystes)<\/strong><\/th>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Le chat est IgG positif.<\/td>\n<td>Le chat a d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9 l&rsquo;infection et n&rsquo;excr\u00e8te plus d\u2019oocystes<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Le chat est positif en IgG et IGM<\/td>\n<td>La phase d&rsquo;\u00e9limination des oocystes est termin\u00e9e<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Le chat est n\u00e9gatif en IgG et positif en IgM<\/td>\n<td>Le chat a probablement achev\u00e9 la phase d&rsquo;\u00e9limination des oocystes, mais il est conseill\u00e9 de maintenir certaines normes d&rsquo;hygi\u00e8ne et d&rsquo;effectuer \u00e9ventuellement une PCR sur les f\u00e8ces pour d\u00e9tecter le parasite.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Le chat est n\u00e9gatif en IgG et IgM<\/td>\n<td>Le chat n&rsquo;est pas encore infect\u00e9, il peut s&rsquo;infecter et \u00e9liminer des oocystes plus tard.  Il convient donc d&rsquo;appliquer certaines r\u00e8gles d&rsquo;hygi\u00e8ne<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<h3>Toxoplasmose chez l&rsquo;homme<\/h3>\n<p>On estime, avec de grandes variations g\u00e9ographiques, qu&rsquo;en moyenne entre 25 et 30 % de la population mondiale est infect\u00e9e par T. gondii, qui peut donc \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme le parasite le plus r\u00e9pandu dans le monde <a href=\"#ref7\">[7]<\/a>.<\/p>\n<p>Les s\u00e9ropr\u00e9valences les plus \u00e9lev\u00e9es sont observ\u00e9es en Am\u00e9rique du Sud et en Afrique subsaharienne, les plus faibles en Am\u00e9rique du Nord et en Asie du Sud-Est. En <strong>Europe<\/strong>, les r\u00e9gions o\u00f9 la pr\u00e9valence est la plus faible sont celles de l&rsquo;Europe du Nord, tandis que les pays d&rsquo;Europe du Sud et de l&rsquo;Est sont ceux o\u00f9 la pr\u00e9valence est la plus \u00e9lev\u00e9e.<\/p>\n<p>La toxoplasmose est une infection parasitaire fr\u00e9quente en France : environ 50 % de la population adulte est infect\u00e9e g\u00e9n\u00e9ralement sans sympt\u00f4mes apparents. En Europe et dans les r\u00e9gions industrialis\u00e9es en g\u00e9n\u00e9ral, on observe un d\u00e9clin de la s\u00e9ropr\u00e9valence, probablement d\u00fb \u00e0 une concomitance de facteurs incluant l&rsquo;am\u00e9lioration des conditions hygi\u00e9niques et socio-\u00e9conomiques et des changements dans les habitudes alimentaires (y compris celles propos\u00e9es aux chats domestiques) et le mode de vie. Par exemple, en France, dans les ann\u00e9es 1960, la s\u00e9ropr\u00e9valence chez les femmes enceintes \u00e9tait de 80 % et de 44 % au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000 <a href=\"#ref8\">[8]<\/a>. <\/p>\n<h3>Infection<\/h3>\n<p>Les humains sont des h\u00f4tes interm\u00e9diaires de T. gondii et sont infect\u00e9s 1) horizontalement par l&rsquo;ingestion d&rsquo;oocystes environnementaux, de bradyzo\u00eftes tissulaires dans la viande ou, rarement, de tachyzo\u00eftes, ou 2) verticalement pendant la grossesse ou 3) par des greffes\/transfusions.<\/p>\n<p>L&rsquo;infection par voie alimentaire est de loin la plus fr\u00e9quente, bien que les taux d&rsquo;attribution relatifs varient en fonction de la zone g\u00e9ographique et des conditions et habitudes alimentaires qui en d\u00e9coulent. On estime que l&rsquo;ingestion de viande (crue ou insuffisamment cuite, la viande rouge \u00e9tant plus \u00e0 risque que la viande blanche) contenant des bradyzo\u00eftes est responsable de 40 \u00e0 60 % des infections, le contact avec le sol ou l&rsquo;eau de 6 \u00e0 17 %, la consommation de lait non pasteuris\u00e9 de moins de 5 % ; jusqu&rsquo;\u00e0 10 % des l\u00e9gumes \u00e0 feuilles ont \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9s contamin\u00e9s par des oocystes du parasite <a href=\"#ref10\">[10-12]<\/a>.<br \/>\nEn France, l&rsquo;incidence de la premi\u00e8re infection pendant la grossesse a \u00e9t\u00e9 estim\u00e9e \u00e0 2 pour 1 000 femmes s\u00e9ron\u00e9gatives, et celle de l&rsquo;infection cong\u00e9nitale \u00e0 3 pour 10 000 naissances vivantes <a href=\"#ref13\">[13]<\/a>, et ces chiffres sont similaires \u00e0 ceux rapport\u00e9s dans d&rsquo;autres pays europ\u00e9ens. <\/p>\n<h3>Maladie<\/h3>\n<p>Chez les personnes immunocomp\u00e9tentes, l&rsquo;infection est g\u00e9n\u00e9ralement asymptomatique ou paucisymptomatique. Parfois, un syndrome de type mononucl\u00e9ose (fi\u00e8vre, sympt\u00f4mes g\u00e9n\u00e9raux, lymphad\u00e9nom\u00e9galie diffuse) peut appara\u00eetre et, rarement, une chorior\u00e9tinite peut se d\u00e9velopper. Des formes plus s\u00e9v\u00e8res d&rsquo;infection chez les adultes immunocomp\u00e9tents ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9es principalement en Am\u00e9rique du Sud et attribu\u00e9es \u00e0 l&rsquo;infection par des g\u00e9notypes \u00ab\u00a0atypiques\u00a0\u00bb du parasite, qui sont plus virulents <a href=\"#ref7\">[7]<\/a>.<br \/>\nApr\u00e8s l&rsquo;infection, le syst\u00e8me immunitaire contr\u00f4le le parasite, et ce contr\u00f4le, ainsi que l&rsquo;immunit\u00e9 protectrice qui en r\u00e9sulte, sont cens\u00e9s persister tout au long de la vie de l&rsquo;h\u00f4te <a href=\"#ref14\">[14]<\/a>.<\/p>\n<p>Les cat\u00e9gories de personnes pour lesquelles l&rsquo;infection par T. gondii est cliniquement la plus pertinente sont les femmes enceintes (en particulier en cas de premi\u00e8re infection) et les personnes immunod\u00e9prim\u00e9es (qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;une premi\u00e8re infection ou de la r\u00e9activation d&rsquo;une infection contract\u00e9e ant\u00e9rieurement).<br \/>\nVoici quelques informations g\u00e9n\u00e9rales concernant la clinique de la toxoplasmose dans ces groupes : <em>ces informations ne sont pas exhaustives et ne remplacent en aucun cas un examen et une orientation par un m\u00e9decin sp\u00e9cialiste de l&rsquo;homme<\/em>. <\/p>\n<h3>Pendant la grossesse<\/h3>\n<p>Chez les femmes immunocomp\u00e9tentes en Europe, l&rsquo;infection par T. gondii ne pose g\u00e9n\u00e9ralement un probl\u00e8me pendant la grossesse qu&rsquo;en cas de primo-infection, c&rsquo;est-\u00e0-dire lorsqu&rsquo;une femme s\u00e9ron\u00e9gative pour la toxoplasmose contracte la premi\u00e8re infection de sa vie pendant la grossesse <a href=\"#ref13\">[13]<\/a>.<\/p>\n<p>Pendant la phase parasitaire, les tachyzo\u00eftes peuvent traverser le placenta et infecter le f\u0153tus, une probabilit\u00e9 qui augmente avec l&rsquo;\u00e2ge gestationnel : <10% au cours du premier trimestre, 30% au cours du deuxi\u00e8me trimestre, 60-70% au cours du troisi\u00e8me trimestre. \u00c9tant donn\u00e9 qu'il existe une latence de plusieurs semaines entre l'infection maternelle et le passage possible au f\u0153tus, m\u00eame les premi\u00e8res infections contract\u00e9es pendant la p\u00e9riode p\u00e9ri-conceptionnelle (1-3 mois) peuvent pr\u00e9senter un risque d'infection du f\u0153tus, m\u00eame s'il est faible, au cours du premier trimestre. \n\nContrairement au risque d'infection du f\u0153tus, le risque de maladie f\u0153tale diminue avec l'\u00e2ge gestationnel. En d'autres termes, plus la grossesse est pr\u00e9coce, moins le passage au f\u0153tus est fr\u00e9quent, mais ce passage peut causer plus de dommages (fausse couche, dommages neurologiques) et avec une plus grande fr\u00e9quence (>70%), alors qu&rsquo;une infection acquise en fin de grossesse passera plus fr\u00e9quemment au f\u0153tus, mais avec une moins grande fr\u00e9quence (10-15%) et une moins grande gravit\u00e9 des l\u00e9sions. En moyenne, 85% des enfants vivants atteints d&rsquo;une infection cong\u00e9nitale sont totalement asymptomatiques ; un certain nombre d&rsquo;entre eux peuvent \u00e9galement pr\u00e9senter des manifestations cliniques, en particulier oculaires, dans les ann\u00e9es qui suivent la naissance. \u00c0 la lumi\u00e8re de ce qui a \u00e9t\u00e9 bri\u00e8vement d\u00e9crit, <strong>la datation de la p\u00e9riode gestationnelle au cours de laquelle la premi\u00e8re infection s&rsquo;est produite est essentielle pour<\/strong><\/p>\n<ol class=\"limargin\">\n<li>\u00e9valuer le risque d&rsquo;infection pendant la grossesse ;<\/li>\n<li>\u00e9tablir les contr\u00f4les s\u00e9rologiques n\u00e9cessaires pour <strong>diagnostiquer<\/strong> toute infection chez une femme s\u00e9ron\u00e9gative ;<\/li>\n<li><strong>mettre en place une th\u00e9rapie opportune adapt\u00e9e<\/strong> \u00e0 la p\u00e9riode gestationnelle de l&rsquo;infection et surveiller toute infection f\u0153tale (et par la suite l&rsquo;enfant apr\u00e8s la naissance).<\/li>\n<\/ol>\n<p>En cas de statut s\u00e9rologique ant\u00e9rieur inconnu et de d\u00e9couverte d&rsquo;une positivit\u00e9 des anticorps pendant la grossesse, les moyens de diagnostic actuellement disponibles, m\u00eame dans les centres de r\u00e9f\u00e9rence, ne permettent de dater avec pr\u00e9cision l&rsquo;infection que si elle s&rsquo;est produite dans les semaines pr\u00e9c\u00e9dentes. De plus, le traitement pendant la grossesse est plus efficace s&rsquo;il est commenc\u00e9 dans les trois semaines suivant l&rsquo;infection. <\/p>\n<p>Ces consid\u00e9rations, ainsi que le calendrier actuel de l&rsquo;interruption volontaire de grossesse en France, impliquent que <strong>la premi\u00e8re \u00e9valuation du statut s\u00e9rologique de la m\u00e8re doit \u00eatre effectu\u00e9e si possible avant le d\u00e9but de la grossesse et, en tout \u00e9tat de cause, au d\u00e9but du premier trimestre de la gestation<\/strong> (et poursuivie, uniquement si n\u00e9cessaire, au cours de la grossesse). D&rsquo;autres pr\u00e9cautions importantes, dans le cadre du processus diagnostique, consistent \u00e0 toujours effectuer les tests de d\u00e9pistage dans le m\u00eame centre (les r\u00e9sultats ne sont pas toujours comparables s&rsquo;ils sont effectu\u00e9s dans des centres diff\u00e9rents) et \u00e0 conserver les s\u00e9rums des \u00e9chantillons, congel\u00e9s, afin qu&rsquo;ils puissent \u00eatre mis \u00e0 disposition pour des analyses de second niveau dans des centres de r\u00e9f\u00e9rence en cas de n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;investigations compl\u00e9mentaires.<\/p>\n<h3>Chez les personnes immunod\u00e9prim\u00e9es<\/h3>\n<p>Le deuxi\u00e8me groupe de personnes pour lesquelles la toxoplasmose pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat clinique important est celui des patients immunod\u00e9prim\u00e9s, soit par r\u00e9activation d&rsquo;une infection latente, soit par acquisition d&rsquo;une premi\u00e8re infection au cours de l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;immunod\u00e9pression. Bien que l&rsquo;on dispose de plus d&rsquo;informations sur les patients atteints du VIH et subissant une transplantation, il semble appropri\u00e9 d&rsquo;\u00e9tendre des consid\u00e9rations similaires aux patients subissant une immunosuppression pharmacologique pour d&rsquo;autres raisons.<\/p>\n<p>L&rsquo;enc\u00e9phalite \u00e0 T. gondii est la manifestation la plus fr\u00e9quente de la masse c\u00e9r\u00e9brale chez les patients s\u00e9ropositifs et constitue l&rsquo;un des crit\u00e8res de d\u00e9finition du statut de sid\u00e9en. Elle est caus\u00e9e dans la grande majorit\u00e9 des cas par la r\u00e9activation d&rsquo;une infection latente ant\u00e9rieure, en particulier chez les patients ayant un faible taux de lymphocytes CD4+ et n&rsquo;ayant pas re\u00e7u de prophylaxie au trip\u00e9toprime-sulfam\u00e9thoxazole <a href=\"#ref15\">[15]<\/a>.<br \/>\nSi le traitement (sp\u00e9cifique et contre le VIH) est commenc\u00e9 t\u00f4t, le pronostic est g\u00e9n\u00e9ralement bon.<\/p>\n<p>Chez les patients immunod\u00e9prim\u00e9s apr\u00e8s une transplantation, les manifestations cliniques sont moins sp\u00e9cifiques et comprennent la fi\u00e8vre, l&rsquo;h\u00e9patospl\u00e9nom\u00e9galie, la lymphad\u00e9nom\u00e9galie, la myocardite, la pneumonie et les signes neurologiques <a href=\"#ref16\">[16]<\/a>.<br \/>\nLe risque le plus \u00e9lev\u00e9 est observ\u00e9 chez les receveurs s\u00e9ron\u00e9gatifs d&rsquo;organes solides, en particulier le c\u0153ur suivi du foie et des reins, provenant d&rsquo;un donneur positif et, inversement, chez les receveurs s\u00e9ropositifs de moelle osseuse provenant d&rsquo;un donneur n\u00e9gatif <a href=\"#ref17\">[17]<\/a>. <\/p>\n<p>Le risque le plus \u00e9lev\u00e9 est observ\u00e9 au cours des six premiers mois suivant la transplantation. Une prophylaxie peut \u00e9galement \u00eatre recommand\u00e9e \u00e0 vie. La mortalit\u00e9 est \u00e9lev\u00e9e m\u00eame si le traitement est administr\u00e9 \u00e0 temps.<\/p>\n<h3>Risques et r\u00e8gles d&rsquo;hygi\u00e8ne<\/h3>\n<p>Le respect de certaines r\u00e8gles d&rsquo;hygi\u00e8ne et d&rsquo;alimentation est extr\u00eamement efficace <a href=\"#ref18\">[18]<\/a> pour pr\u00e9venir les infections dues \u00e0 l&rsquo;ingestion d&rsquo;oocystes environnementaux matures (sol et aliments\/eau contamin\u00e9s) ou de bradyzo\u00eftes\/tachyzo\u00eftes dans les tissus d&rsquo;animaux \u00e0 sang chaud qui n&rsquo;ont pas subi de traitements d&rsquo;inactivation appropri\u00e9s <a href=\"#ref19\">[19]<\/a>.<br \/>\nLes oocystes doivent \u00eatre matures pour \u00eatre infectieux, ce qui se produit dans des d\u00e9lais variables, mais TOUJOURS au-del\u00e0 de 24 heures. Il s&rsquo;ensuit que <strong>le contact direct avec le chat, qui par ailleurs n&rsquo;excr\u00e8te des oocystes que pendant une courte p\u00e9riode de sa vie, n&rsquo;est pas un facteur de risque<\/strong> <a href=\"#ref11\">[11]<\/a>.<\/p>\n<p>Les oocystes sporul\u00e9s sont au contraire tr\u00e8s r\u00e9sistants \u00e0 la temp\u00e9rature et aux d\u00e9sinfectants (y compris l&rsquo;eau de Javel et les d\u00e9sinfectants \u00e0 base de chlore), de sorte que tant le lavage des mains que le lavage des l\u00e9gumes r\u00e9duisent le risque d&rsquo;infection uniquement par l&rsquo;effet m\u00e9canique de l&rsquo;\u00e9limination des oocystes (et non par l&rsquo;inactivation chimique par les d\u00e9sinfectants, qui ne sont pas recommand\u00e9s pour le traitement des l\u00e9gumes crus destin\u00e9s \u00e0 \u00eatre consomm\u00e9s).<\/p>\n<p>Outre les sources d&rsquo;infection li\u00e9es \u00e0 l&rsquo;ingestion accidentelle d&rsquo;oocystes sporul\u00e9s provenant du sol (par contact main-bouche ou ingestion de l\u00e9gumes crus, d&rsquo;eau ou de mollusques), l&rsquo;ingestion de viande crue ou insuffisamment cuite (temp\u00e9rature \u00e0 c\u0153ur < 65\u00b0C), de saucisses et d'autres charcuteries conserv\u00e9es par des m\u00e9thodes autres que la cuisson, constitue l<strong>a principale source d&rsquo;infection pour l&rsquo;homme<\/strong>. Les viandes de porc, de mouton et de ch\u00e8vre sont plus \u00e0 risque que les viandes de b\u0153uf et de volaille. La pasteurisation inactive les tachyzo\u00eftes qui peuvent \u00eatre pr\u00e9sents dans le lait ou les \u0153ufs, tout comme la cong\u00e9lation \u00e0 -20\u00b0C pendant 2 jours inactive les kystes tissulaires. <\/p>\n<p>Vous trouverez ci-dessous une liste de comportements pratiques \u00e0 observer par les <strong>personnes \u00e0 risque<\/strong> : <\/p>\n<ul>\n<li>Se laver les mains \u00e0 l&rsquo;eau et au savon avant les repas et apr\u00e8s tout contact avec un environnement potentiellement contamin\u00e9 (par exemple la terre) ; si possible, utiliser des gants pour ces activit\u00e9s (par exemple le jardinage).<\/li>\n<li>Bien cuire la viande et \u00e9viter de la go\u00fbter avant la fin de la cuisson.<\/li>\n<li>Laver \u00e0 l&rsquo;eau courante les l\u00e9gumes et les fruits qui ne peuvent \u00eatre \u00e9pluch\u00e9s ou cuits.<\/li>\n<li>\u00c9viter de manger de la viande crue, m\u00eame si elle a subi des traitements de salage, de s\u00e9chage ou de fumage.<\/li>\n<li>\u00c9viter de consommer du lait non pasteuris\u00e9, des \u0153ufs crus et des crustac\u00e9s crus.<\/li>\n<li>Attention \u00e0 la contamination crois\u00e9e des aliments par les couteaux, les planches \u00e0 d\u00e9couper ou les mains elles-m\u00eames.<\/li>\n<li>Laver les surfaces ayant pu \u00eatre contamin\u00e9es \u00e0 l&rsquo;eau bouillante (surfaces en contact avec les aliments, liti\u00e8re pour chat), en se lavant toujours les mains apr\u00e8s manipulation (ou en utilisant des gants).<\/li>\n<li>\u00c9viter les arthropodes de l&rsquo;environnement (mouches, cafards, etc.) qui peuvent \u00eatre des vecteurs m\u00e9caniques de contamination.<\/li>\n<li>Nourrir le chat avec des produits cuits et\/ou du commerce.<\/li>\n<li>\u00c9viter l&rsquo;ingestion d&rsquo;eau potentiellement contamin\u00e9e (et de glace fabriqu\u00e9e \u00e0 partir d&rsquo;eau).<\/li>\n<li>\u00c9viter si possible les voyages hors Europe ou Am\u00e9rique du Nord, o\u00f9 la circulation du parasite est plus importante et\/ou des variants atypiques plus virulents sont pr\u00e9sents (ex : Am\u00e9rique du Sud), et la consommation de viandes import\u00e9es ; dans tous les cas, respecter scrupuleusement les r\u00e8gles d&rsquo;hygi\u00e8ne ci-dessus.<\/li>\n<\/ul>\n<div class=\"riferimenti\">\n<strong>Dr Luigi Venco<\/strong> Consultant MyLav<br \/>\nDMV, SCPA Dipl EVPC, Sp\u00e9cialiste\u2122 en Parasitologie<br \/>\nDipl\u00f4me de Professeur Associ\u00e9 (2\u00e8me Niveau) en Maladies Infectieuses et Parasitaires des Animaux (07\/H3)<\/p>\n<p><strong>Dr Francesca Tamarozzi<\/strong><br \/>\nDMV, MD, MSc PhD Sp\u00e9cialiste en microbiologie. Dipl. SIUMB<br \/>\nDirecteur m\u00e9dical permanent avec mission de recherche<br \/>\n\u00e0 l&rsquo;<a href=\"https:\/\/www.sacrocuore.it\/\" title=\"h\u00f4pital IRCCS Sacro Cuore Don Calabria\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">h\u00f4pital IRCCS Sacro Cuore Don Calabria. Noir (VR)<\/a><br \/>\nD\u00e9partement des Maladies Infectieuses et Tropicales et de Microbiologie<br \/>\nCentre collaborateur de l&rsquo;OMS sur la strongylo\u00efdose et autres MTN<br \/>\nQualification de Professeur Associ\u00e9 (2\u00e8me Bande) en Maladies Infectieuses (06\/D4) et en Microbiologie et Microbiologie Clinique (06\/A3)<br \/>\nDipl\u00f4me de Professeur Associ\u00e9 (2\u00e8me Niveau) en Maladies Infectieuses et Parasitaires des Animaux (07\/H3)<\/p>\n<h5> Bibliographie :<\/h5>\n<ol class=\"li-margin\">\n<li id=\"ref1\">Pietrobelli M (2003) Toxoplasmosi. in Puccini V e Tarsitano E &#8211; Parassitologia urbana: citt\u00e0, animali e salute pubblica. pp. 49-57.<\/li>\n<li>Hartmann K, Addie D, Bel\u00e1k S, Boucraut-Baralon C, Egberink H, Frymus T, Gruffydd-Jones T, Hosie MJ, Lloret A, Lutz H, Marsilio F, M\u00f6stl K, Pennisi MG, Radford AD, Thiry E, Truyen U, Horzinek MC (2013) Toxoplasma gondii infection in cats: ABCD guidelines on prevention and management. Journal of Feline Medicine and Surgery 15, 631-637.<\/li>\n<li>Zulpo DL, Sammi AS, Dos Santos JR, Sasse JP, Martins TA, Minutti AF, Cardim ST, de Barros LD, Navarro IT, Garcia JL (2018) Toxoplasma gondii: A study of oocyst re-shedding in domestic cats. Veterinary Parasitology 249, 17-20.<\/li>\n<li>Dubey JP (1998) Advances in the life cycle of Toxoplasma gondii. International Journal of Parasitology 28, 1019-1024.<\/li>\n<li>Dubey JP, Lindsay DS, Lappin MR (2009) Toxoplasmosis and other intestinal coccidial infections in cats and dogs. Veterinary Clinics of North America. Small Animal Practice 39, 1009-1034.<\/li>\n<li>Lappin MR (2010) Update on the diagnosis and management of Toxoplasma gondii infection in cats. Topics in Companion Animal Medicine 25, 136-141.<\/li>\n<li>Lappin MR (2017) Feline clinical toxoplasmosis. Atti congresso internazionale SCIVAC, Malattie infettive e parassitarie nel nuovo millennio: dalla prevenzione alla diagnosi e terapia. 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Pathog Glob Health. 2018 Sep;112(6):306-319.<\/li>\n<\/ol>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Combien de fois avons-nous entendu \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision ou dans divers autres m\u00e9dias, des experts [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"inline_featured_image":false,"footnotes":""},"categories":[1151],"tags":[948],"class_list":["post-26169","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-maladies-infectieuses","tag-toxoplasmose"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v28.3 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>TOXOPLASMOSE : POUR DISSIPER LES FAUX MYTHES, IL FAUT BIEN LA CONNA\u00ceTRE - MyLav<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.mylav.net\/fr\/maladies-infectieuses\/toxoplasmose-pour-dissiper-les-faux-mythes-il-faut-bien-la-connaitre\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"TOXOPLASMOSE : POUR DISSIPER LES FAUX MYTHES, IL FAUT BIEN LA CONNA\u00ceTRE - 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