10 questions et 10 rèponses rapides pour une interprètation correcte

MYLAV intègre la lipase DGGR dans les bilans biochimiques généraux et les bilans pancréatiques. Ce test s’est avéré très utile pour le diagnostic de la pancréatite chez les chiens et les chats, comme l’utilisation des lipases pancréatiques spécifiques (SpecPL). Il peut également être demandé individuellement pour confirmer une suspicion clinique de pancréatite.

Voici quelques questions et réponses pour un examen plus approfondi.

  1. Qu’est-ce que DGGR ? Jusqu’à il y a une vingtaine d’années, la méthode la plus courante pour mesurer la lipase sérique utilisait le 1,2-diglycéride (Lipase-DiG) comme substrat. Au début du nouveau millénaire, une nouvelle méthode biochimique appelée DGGR est apparue, qui utilise l’ester de l’acide 1,2-o-dilauryl-rac-glycérol-3-glutarique-(6′-méthylrésorufine) comme substrat.
  2. Quelle est la différence entre la lipase-DiG normale et la lipase DGGR ? La Lipase-DiG mesure l’activité globale de la lipase sérique (lipase totale). Dans le sérum, il existe différentes formes de l’enzyme avec la même activité catalytique de la lipase, mais avec des origines tissulaires très différentes : la plupart proviennent du pancréas, mais une plus petite quantité provient également du foie, du tractus gastro-intestinal et du muscle squelettique. Ainsi, de légères augmentations de l’activité de la lipase pourraient également résulter de pathologies extra-pancréatiques. De plus, la lipase étant excrétée par voie rénale, une réduction de la filtration glomérulaire peut induire des augmentations de la lipasémie. D’après les données tirées de la littérature humaine, la lipase DGGR, en revanche, présente une meilleure corrélation avec l’activité lipasique d’origine pancréatique uniquement, et peut donc constituer un marqueur plus spécifique pour le diagnostic de la pancréatite.
  3. Les deux valeurs d’activité mesurées sur le même échantillon sont-elles très différentes ? Oui L’activité de la Lipase-DiG est généralement beaucoup plus élevée que l’activité du DGGR, pour les raisons décrites ci-dessus. En fait, les valeurs de référence de la DGGR sont inférieures à 120 U/l chez le chien et à 25-30 U/l chez le chat.
  4. Et en cas d’azotémie, comment cela change-t-il ? Comme nous l’avons déjà souligné, la lipase est généralement éliminée par voie rénale, de sorte qu’il est possible, chez un animal azotémique, d’obtenir une lipase-DiG (lipase totale) élevée, même en l’absence de pathologie gastro-entérique et/ou pancréatique manifeste. Cet effet n’a pas été étudié de manière approfondie pour la lipase pancréatique spécifique (SpecPL) ou la lipase DGGR, bien qu’il soit probable que les résultats obtenus par ces deux dernières méthodes soient moins affectés par une filtration glomérulaire réduite.
  5. Si je constate une lipase totale élevée et une lipase DGGR normale, que dois-je penser ? Il ne s’agit probablement pas d’une pancréatite. Si l’animal est azotémique, l’excrétion rénale réduite en est la cause. S’il n’est pas azotémique, la première chose à évaluer est une éventuelle maladie entérique ou hépatique. Cependant, nous ne pouvons pas exclure à 100 % la possibilité d’une pancréatite.
  6. Et si je la trouve élevée ? La pancréatite est alors la cause principale, tant dans sa forme aiguë (avec les signes cliniques classiques, importants et graves) que dans sa forme chronique (beaucoup plus frustre et difficile à diagnostiquer).
  7. Quelle est la relation entre la valeur de la lipase DGGR et la lipase pancréatique spécifique féline et canine (SpecPL) ? Les études publiées ces dernières années ont clairement montré que l’efficacité diagnostique pour la détection de la pancréatite (aiguë ou chronique) est très similaire entre les deux, dans certains cas même plus élevée pour la DGGR. A la fin de cet article, vous trouverez les références bibliographiques pour ceux qui souhaitent approfondir le sujet en lisant les articles originaux.
  8. La lipase DGGR peut-elle donc remplacer les lipases spécifiques pancréatiques (SpecPL) ? Selon ces études, les résultats sont superposables, la réponse est donc oui.
  9. Quels sont les autres avantages de l’utilisation de la lipase DGGR ? Il y a au moins deux autres avantages majeurs : premièrement, elle est beaucoup moins chère que les lipases spécifiques félines et canines (SpecPL). Deuxièmement, le résultat est disponible en peu de temps au laboratoire. Cette détermination peut donc être incluse dans tout profil biochimique avec les autres analytes. MYLAV l’inclut dans les profils en l’indiquant comme Lipase DGGR, tandis que la Lipase-DiG sera conservée et identifiée comme Lipase totale. La présence des deux formes de lipase peut alors être utilisée à des fins de diagnostic comme indiqué à l’étape 5.
  10. La concentration de la lipase DGGR est-elle proportionnelle à l’étendue des lésions pancréatiques ? Il n’y a pas d’études à ce sujet, mais il est probable que l’ampleur de l’élévation de la concentration sanguine soit proportionnelle à l’étendue des dommages cellulaires et à l’étendue de ces dommages dans le parenchyme pancréatique.

Pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur les sujets résumés ci-dessus, nous vous renvoyons à la bibliographie suivante.

Bibliographie :

Graca et al (2005) Validation and diagnostic efficacy of a lipase assay using DDGR for the diagnosisi of acute pancreatitis i dogs. Veterinary Clinical Pathology. 34: 39-43.

Oppliger et al (2013) Agreement of the seruma Spec fPL and DGGR lipase aaasay for the determination of serum lipase in cats with suspicioun of pancreatitis. Journal of Veterinary Internal Medicine. 27: 1077-1082.

Kook et al (2014) Agreement od seruma Spec cPL with the DGGR lipase assay and with pancreatic ultrasonography in dogs with suspected pancreatitis. Journal of Veterinary Internal Medicine. 28: 863-870.

Oppliger et al (2016) Comparison of seruma Spec fPL and DGGR assay in 60 cats using standardized assessment of pancreatic histology. Journal of Veterinary Internal Medicine. 30: 764-770.